Louis Chadourne,
Terre de Chanaan
(1921)
“ A l’aube, je songeais que la pirogue de Carvès devait glisser sur les eaux moirées par le soleil levant à travers l’éveil de la forêt. Et, comme le jour où j’avais guetté sur le bord du « gour » l’aventureux compagnon descendu dans l’abîme, de même j’allais attendre — non plus une heure, mais des semaines — solitaire, angoissé, le retour de celui qui m’avait arraché à l’existence facile, à la douceur de ma terre natale, au loisir sans ambition et m’avait entraîné vers une terre de désolation, d’âpre sécheresse et de mort.Attendre ! Il n’est pas de pire supplice en l’humaine condition. ”

