Paul Bourgette

Résumé

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Oui, si étrange que cela puisse paraître, le nègre du Soudan ou du Dahomey ignore l’amour passion comme l’amour goût. Les inclinations venues du cœur ou de la tête lui sont aussi étrangères que l’usage du rince-bouche et des formes pour la chaussure. Dans les tamtams, ces bals noirs, on ne flirte pas, on ne se fait pas la cour, à l’instar de nos bals blancs. Jamais vous ne verrez un Bambara prodiguer à sa mousso ces mots qui sont un des plus suaves miels de l’existence : « Ma chérie, mon aimée, mon adorée, mon coco. » Le Noir prend femme comme il achète un cheval.
Source : Gutenberg

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Si le kamélé, à l’image de Fortunio, ne meurt pas pour sa belle sans la nommer, il vit en tous cas sans en souffler mot. Ne pensez pas que ce soit par délicatesse et esprit chevaleresque. C’est tout simplement qu’il craint la correction qui, des bras du mari, s’abattrait sur sa tête, et surtout l’amende suspendue par le juge au-dessus de ses ébats coupables, cette amende qui se paye, comme le reste, en argent, en bétail, ou en toile de Guinée. Il n’y a rien de tel que la peur pour rendre un amant peu compromettant.
Source : Gutenberg

Paul Bourgette Le parfum de la Dame Noire (1911)

Comme une seule fleur pique parfois son éclat de pourpre ou d’or parmi des lieues carrées de brousse, on voit paraître de loin en loin, parmi ces humanités rudes et grossières, un élan passionné, une abdication de l’être pour un autre être, qui paraissent ressembler beaucoup à ce que nous nommons l’amour. Des amants meurent l’un pour l’autre. Des femmes se sacrifient à leur mari. (Ajoutons de suite que le contraire ne s’est jamais produit.) Mais ce sont là des faits assez rares pour être immédiatement consacrés par la légende et transmis de génération en génération.
Source : Gutenberg

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