Albert Londres

Albert Londres

Résumé

Portrait de Albert Londres Albert Londres Terre d’ébène

Ils sont, jour et nuit, attentifs à ses gestes. Personne ne parle. On ne doit élever la voix en présence du roi. Profondément inclinés, tous reçoivent ses ordres. Si le roi boit, les soronés se frottent bruyamment les mains, et la musique joue. S’il tousse, s’il se mouche, s’il éternue, s’il crache, si son estomac, remontant jusqu’à sa gorge, exprime le contentement d’un trop bon dîner, les soronés font claquer leurs doigts et les violons l’accompagnent !
Ainsi jusqu’au soir... Au coucher du soleil apparaît le Baloum Naba, grand intendant, porteur d’une calebasse.
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La métropole a sa part de responsabilité dans ce sommeil. Les colonies, chez nous, ne sont pas à l’honneur. Il faut avoir un parent dans la « partie » pour être sûr que la Côte d’Ivoire ne donne pas sur l’océan Indien ! L’ignorance serait pardonnable, l’indifférence ne l’est pas.
Alors, la colonie vit toute seule. Elle se traîne comme elle peut le long des marigots. La France n’est jamais derrière ses administrateurs pour les féliciter quand ils font bien ou pour les encourager quand ils cherchent le vent. Un administrateur colonial est un enfant perdu.
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Il cède les captifs.
— Sauvazes ! crie le tirailleur, qui est aussi nègre qu’eux. En route, courir ! Chicotte !
Cela s’appelle les prestations.
Chaque noir, en dehors de l’impôt, doit de sept à quinze jours de prestations par an.
Ce sont les captifs qui les font.
Au nom de la loi blanche, chacun ne doit que ses quinze jours ; au nom de la coutume noire, le captif doit quinze plus quinze plus quinze... tout ce que les autres ne font pas !
Ainsi tout le monde est content. La loi blanche est humaine et les coutumes d’Afrique sont respectées !
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