Edouard Dupouy

Résumé

Edouard Dupouy Les chasses du Soudan (1894)

En l'air, dans les branches et sur le sol, des points lumineux dus à la phosphorescence des vers de terre et des jeunes cigales. Mes hommes dormaient, les animaux aussi. Seul, assis sur le bord de ma tente, j'aspirais à pleins poumons la fraîcheur de cette nuit du désert et l'air parfumé de ces odeurs âcres, sinon suaves, que laisse exhaler la nature aux approches de l'hivernage. Tout à coup, vers les montagnes de la rive opposée, le rugissement du lion se fait entendre, lointain d'abord, se rapprochant ensuite. Un
grand silence se fait aussitôt.
Source : Gallica

Edouard Dupouy Les chasses du Soudan (1894)

La chaleur humide était étouffante, le ciel couvert et orageux. Un lapetot à l'écoute de misaine et le second à la barre, étaient prêts, l'un à amener la voile si la brise venait à fraîchir à la tornade, l'autre à éviter les troncs d'arbre et les grands lits d'herbe éboulés de la rive, que le courant rapide entraînait. De ces radeaux quelques poules d'eau et des aigrettes s'envolaient avec des piaulements, à notre approche. La jolie petite bique donnait à son petit une tétine noirâtre, rebondissante sous la large poussée du
lait.
Source : Gallica

Edouard Dupouy Les chasses du Soudan (1894)

On va, le soleil sur la nuque, sous une chaleur accablante et à pied, vu le mauvais état du sentier qui a souvent des marches en pierre de près d'un mètre de haut. Tout cela nous oblige à mettre sur notre tête des serviettes que Biskiti plonge dans l'eau fraîche de ma bonne peau de bouc, seul moyen d'éviter une insolation. Les noirs eux-mêmes, ruisselants de sueur, se protègent en couvrant leur tête rasée de petits rameaux verts arrachés aux arbres rabougris du voisinage.
Enfin nous atteignons l'arête de la montagne
entre deux sommets qui forment défilé, et le fleuve se montre au loin.
Source : Gallica

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