Édouard Guillaumet

Résumé

Édouard Guillaumet Tableaux soudanais (1899)

Ici, c'est une voie d'un mètre, presque un chemin de fer normal, qui, durant cent vingt-quatre kilomètres, sillonne la brousse le long des berges escarpées du fleuve, jusqu'à la naissance du Sénégal, au confluent du Bakoy et du Bafing. La voie monte, descend, au caprice des aspérités du sol, qu'il eût été trop difficile d'aplanir, et le train roule comme il peut, de l'aube au crépuscule, jusqu'au point d'arrivée, où il parvient tant bien que mal.
C'est le matin à sept heures, un peu après le lever du soleil, que le capitaine du génie,
devenu chef de gare, donne le signal du départ.
Source : Gallica

Édouard Guillaumet Tableaux soudanais (1899)

Entre les berges rousses, où quelques rares buissons gris de lumière abritent le sommeil de crocodiles monstrueux, semblables, par leur couleur et leur immobilité, à des troncs d'arbres échoués, la descente du Niger se poursuit, monotone. Sous la paillotte chaude du chaland, argentée par le miroitement du soleil dans le fleuve, je halète au milieu de l'implacable sérénité de l'atmosphère, et c'est avec une joie d'enfant que j'entends au matin mon pilote saluer le village, tache blanche à
l'horizon :
Ségou !
Source : Gallica

Édouard Guillaumet Tableaux soudanais (1899)

Le soleil monte. Le chant de mes bosos s'est tû, et leurs perches ou leurs pagaies, suivant que le fleuve est plus ou moins profond, scandent seules l'effort continuel de leurs muscles d'ébène. La nappe d'eau s'étend làbas, à perte de vue, vers l'horizon plat, que tache à peine le panache de quelques rôniers isolés ; et lorsqu'un banc de sable nous oblige à nous rapprocher des buissons de tamarins qui bordent le fleuve, c'est pour troubler la quiétude de quelque antilope en train de boire, ou d'une bande de singes qui disparaissent
en bruissant dans le fourré impénétrable.
Source : Gallica

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