Résumé

G. Tellier Autour de Kita, étude soudanaise (1902)

AUTOUR DE KITA 97
Qu'il s'agisse d'un chef de village ou d'un chef de pays, c'est tout un. L'indigène admonesté ou même puni par le commandant de cercle répondra imperturbablement : « Nous sommes bien contents des blancs ; c'est parce que les blancs sont venus que nous ne sommes pas captifs, que nous avons à nous des femmes, des enfants, des bestiaux, des récoltes. Ainsi tout ce que nous avons, c'est pour vous. Tu es mon chef, tu peux tout prendre ; prends mon bras, prends ma tête, tout ici est pour toi, mais nous ne voulons pas de chefs noirs. Il n'y a qu'un chef, il n'y en a pas deux ! »
Source : Gallica

G. Tellier Autour de Kita, étude soudanaise (1902)

On le verra vivre pendant plusieurs jours d'une poignée d'arachides ou de quelques grains de maïs. Un courrier qui aura reçu l'ordre de se presser marchera trente heures sans autre nourriture que des amandes d'arachides qu'il grignotera en route avec deux ou trois noix de kola. Par contre, vienne le jour de la paye, ou une fête, il engloutira des quantités effrayantes de mil, de couscouss, de viande. Si les aliments sont gratuits, il en absorbera autant qu'il pourra en contenir. L'expression malinkée qu'emploie l'individu repu, pour triviale qu'elle soit, n'en est pas moins la vérité même.
Source : Gallica

G. Tellier Autour de Kita, étude soudanaise (1902)

Observons tout d'abord que le captif qui ne peut plus être vendu n'est plus, en fait, un captif, encore moins un esclave : il devient un domestique, par force si l'on veut, en ce sens qu'il ne peut pas, par sa volonté, cesser cette fonction ; il n'est pas libre de quitter le service de son maître, mais c'est toute sa sujétion. C'est pourquoi nous avons substitué, au Soudan, l'appellation de non-libre à celle de captif, et elle répond, en effet, pleinement à la nouvelle situation faite à l'individu.
Source : Gallica

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