Résumé

Portrait de Lucie Cousturier Lucie Cousturier Mes inconnus chez eux. Mon amie Fatou… (1925)

Toutefois, la foule, à Kankan, au lieu d'être noire, est tout à fait blanche, aux visages près. Elle est d'aspect aussi plus aristocratique en méprisant la hâte affairée où modeste bien portée chez nous. Les femmes de Kankan que je vois, ne semblent pas penser qu'elles sont dans la rue, mais qu'elles sont chez elles aussi royalement que les astres au ciel. Beaucoup s'avancent, lentes, tout à fait engainées dans des étoffes ; d'autres, par-dessus des casaquins blancs, laissent flotter librement leurs bras hoirs, moirés, souples, ainsi que des écharpes nouées à leur cou.
Source : Gallica

Portrait de Lucie Cousturier Lucie Cousturier Mes inconnus chez eux. Mon amie Fatou… (1925)

Tu n'es pas comme les hommes qui se grossissent par le dehors pour qu'on les regarde, — m'a dit encore un lettré noir, — on ne te voit, pas, on ne t'entend pas beaucoup remuer depuis que tu es au milieu de nous ; tu ne laisses vivre de ton corps que tes yeux pour nous regarder et ta poitrine pour nous comprendre, tu es comme la case qui reste tranquille à la même place et qu'on croit, ignorante tandis que par sa fenêtre tout, l'air du village entre au dedans.
Source : Gallica

Portrait de Lucie Cousturier Lucie Cousturier Mes inconnus chez eux. Mon amie Fatou… (1925)

Pas un boubou, pas un gonflement d'étoffe, pas d'écharpes de franges, ni de plis. La préciosité, l'emphase, la fioriture arabes n'ont encore rien altéré. La nudité d'une centaine d'hommes apparaît aussi pure, fantastique et noire que celle de l'arbre qu'ils ont enfermé. Aussi noirs que l'arbre sont les hommes, mais plus scintillants aux clartés de leurs torches et de leurs pantomime.
Le cercle des spectateurs, élargi à coups de tisons, s'inscrit dans le carré des ruines syriennes, et ses couleurs s'estompent devant la gravité des géométries tracées par les danseurs.
Source : Gallica

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