“ J’aurais donc pu aimer Nama sans avoir de grave reproche à me faire ; mais je n’aurais pas fait la sottise de l’enlever à son milieu pour la transplanter dans le mien, comme M. Roque a enlevé la mère de Nama à un riche musulman en voyage pour la transplanter dans sa triste bastide ; on ne peut pas s’attacher à ces femmes déclassées et dépaysées qui sont vieilles à vingt ans, et qui, n’ayant rien de commun avec nous dans l’esprit et dans les habitudes, ne sont ni des compagnes, ni des servantes. ”
Nama
Définition et enjeux
Citations sur “Nama”
Félix Lajard, Nouvelles observations sur le grand bas-relief mithriaque de la collection Borghèse… (1828)
“ Mais si plusieurs des auteurs qui ont erré sur ce point, sont excusables par cette seule considération qu'ils ont écrit avant la publication des livres zends etpehlvis, on doit s'étonner qu'Anquetil et plusieurs autres savants, après avoir reconnu l'origine et la véritable signification du mot nama, aient traduit NAMA. SEBESIO. par louange a la verdure (3) , faisant de Sebesius un prétendu mot persan latinisé, pour arriver à une interprétation aussi forcée. ”
Pol Potier de Courcy,
Nobiliaire et armorial de Bretagne
“ Le nom patronymique, nom de famille ou surnom, est un nom commun à tous les descendants d’une même race et transmis par son auteur ; il se continue de père en fils dans la même famille et appartient à toutes ses branches. Le nom propre, nom de baptême ou prénom, est celui qui précède le nom de famille, et il est l’appellation distinctive de chaque individu de la même famille. On voit par la généalogie de Jésus-Christ que les Hébreux ne connaissaient pas les noms de familles héréditaires. ”
Louis de Backer,
La Noblesse flamande de France…
(1859)
“ Le nom de l'homme, désignant à l'origine la qualité physique ou morale de son être, était donc primitivement ce qu'on appelle en grammaire un nom commun ou appellatif, avant d'être un nom propre, ne convenant qu'à lui seul. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ MARCAS ! Répétez-vous à vous-même ce nom composé de deux syllabes, n’y trouvez-vous pas une sinistre signifiance ? Ne vous semble-t-il pas que l’homme qui le porte doive être martyrisé ? Quoique étrange et sauvage, ce nom a pourtant le droit d’aller à la postérité ; il est bien composé, il se prononce facilement, il a cette brièveté voulue pour les noms célèbres. N’est-il pas aussi doux qu’il est bizarre ? mais aussi ne vous paraît-il pas inachevé ? Je ne voudrais pas prendre sur moi d’affirmer que les noms n’exercent aucune influence sur la destinée. ”
Ernest de Cornulier-Lucinière,
Des Généalogies, leur utilité domestique et sociale…
(1886)
“ Le nom est à l'oreille ce que le symbole est aux yeux ; les sens exigent qu'une part leur soit faite, même dans les choses de l'esprit. Un grand nom produit une impression involontaire de respect, et un nom flétri excite la défiance ou la répulsion. Le nom suit la ligne masculine, la descendance de mâle en mâle ayant toujours été considérée comme incomparablement supérieure à celle qui a lieu par les femmes. ”
Louis Pataux, Généalogie de la maison de Brachet de Floressac (1885)
“ Si un nom, après des siècles, nous apparaît tel qu'il fut à son berceau, il le doit aux multiples alliances qui, à chaque génération, lui ont infusé un sang nouveau. Comme il fait la race, le sang fait le nom : noblesse de nom doit toujours dire — noblesse de sang. ”
P. Burggraff, Principes de grammaires générale… (1863)
“ Les désinences communes au nominatif d'un grand nombre de mots dans la même langue, comme en latin a, us, urn, etc., se sont probablement formées pour indiquer le Genre et le Nombre. Si le vocatif, dont on se sert pour appeler quelqu'un, a souvent une forme plus abrégée que le nominatif , cela vient peut-être de ce qu'en appelant un autre, nous mettons plus d'empressement et de rapidité à prononcer son nom. ”
Charles de Foucauld,
Dictionnaire abrégé touareg-français de noms propres
“ Plus d’une fois, après quelques années, le nom primitif de la personne est oublié et elle n’est plus connue que par son surnom, qui est regardé désormais comme un nom, et est donné plus tard à d’autres en son honneur. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Veut-on néanmoins que ce soit définir le nom, que de dire que ce sont des mots qui servent à nommer ou à qualifier les êtres ? Ceux qui servent à nommer les êtres sont donc les substantifs : or je le demande, quelle lumiere peut sortir d’une pareille définition ? Les noms substantifs sont ceux qui servent à nommer les êtres, c’est dire, ce me semble, que les noms substantifs sont ceux qui sont des noms : définition admirable ! Que peut-elle nous apprendre, si elle ne nous conduit à conclure, que les noms adjectifs sont ceux qui ne sont pas des noms ? ”
Edmond About,
La Grèce contemporaine
“ La variété infinie de ces noms qui se forment arbitrairement empêchera longtemps la naissance de ce que nous appelons l’orgueil du nom. Une famille très-nombreuse peut se composer de cent noms divers et n’avoir aucun lieu apparent ”
François Raymond, Dictionnaire général de la langue française de François Raymond (1832)
“ Le Nom, l’Article, l’Adjectif, le Pronom, le Verbe, le Participe, la Préposition, l’Adverbe, la Conjonction, l’Interjection. CHAPITRE PREMIER. — Première espèce de mots. Le Nom. Le Nom ou Substantif est un mot qui sert à nommer une personne ou une chose, comme Lucien, Jean, livre, chapeau. Il y a trois sortes de noms : nom commun, nom propre, et nom collectif. Le nom commun est celui qui convient à plusieurs personnes, ou à plusieurs choses semblables : homme, cheval, maison, sont des noms communs ; car le nom homme convient à Lucien, à Jean, etc. ”
Auguste Haussmann, Revue des Deux Mondes
“ Outre les noms de famille ou sing, il y a ce qu’on pourrait appeler des noms individuels, et qui varient comme la destinée même du citoyen dont ils servent en quelque sorte à indiquer les principales phases. ”
Athanase Germain, Le Serment du jeu de paume
“ Ah ! si le choix de ce nom rendait au peuple abattu de la fermeté, du courage !... Mon âme s’élève en contemplant dans l’avenir les heureuses suites que ce nom peut avoir ! Le peuple ne verra plus que nous, et nous ne verrons plus que le peuple, notre titre nous rappellera et nos devoirs et nos forces. À l’abri d’un nom qui n’effarouche point, qui n’alarme point, nous jetons un germe, nous le cultiverons, nous en écarterons les ombres funestes qui voudraient l’étouffer, nous le protégerons ; nos derniers descendans seront assis sous l’ombrage bienfaisant de ses branches immenses... ”
Michel de Montaigne,
Essais/édition Michaud, 1907
“ Pour clore cette série de réflexions sur les noms, disons que c’est une mauvaise habitude, qui a de très fâcheuses conséquences, qu’en France nous appelions chacun du nom de sa terre et de sa seigneurie ; c’est la chose du monde qui fait le plus que les races se mêlent et ne peuvent plus se distinguer. Un cadet de bonne maison, qui a reçu en apanage une terre dont il a pris le nom, sous lequel il a été connu et honoré, ne peut honnêtement abandonner ce nom. ”
Ernest Muret, Les noms de lieu dans les langues romanes… (1930)
“ Parfois, cependant, quand la signification originaire d'un nom propre est demeurée transparente, ou si nous croyons la deviner, elle s'impose à notre attention et sollicite notre curiosité. Plus on sait de langues, plus on sait de choses, et plus on découvre de significations ignorées dans les noms de lieu et les noms de personnes. ”
Émile Littré,
Dictionnaire de la langue française…
“ De la sorte tout arbitraire est éliminé ; ce sont les conditions qui décident de la valeur d'une étymologie ; ce n'est plus la conjecture ni l'imagination. Voici, pour l'étymologie française, l'énumération de ces conditions ; ce sont : le sens, la forme, les règles de mutation propres à chaque langue, l'historique, la filière et l'accent latin. Quelques mots sont nécessaires sur chacune de ces divisions. 1. Le sens est la première condition ; il est clair qu'il n'y a point d'étymologie possible entre deux mots qui n'ont point communauté de sens. ”
A. Cochut, Revue des Deux Mondes
“ Par exemple, tout le monde admet qu’un nom commun ou substantif est celui qui indique la qualité de toute une espèce, et que le nom propre est celui qui sert à désigner un individu. Il y a près de vingt siècles, hélas ! ”
Manuel de la bibliothèque publique, Paul Otlet, Léon Wouters
“ Noms multiples. — Mentionner d’abord le nom patronymique et d’origine pour les auteurs français, italiens, espagnols, allemands, etc. (Exceptions nombreuses, comme pour Fénélon, Voltaire.) — Pour les auteurs anglais le dernier nom est le principal, le premier jouant le rôle d’un prénom. Particules. — Les particules de, d’, von (allemand) , doivent être rejetées à la suite de la mention des prénoms, ou, à défaut de prénoms, placées entre parenthèses à la suite du nom. Ex. : Avezac (d’) ; Unienville (baron d’) ; Rauville (Hervé de) ; Magon de St-Elier (Ferdinand) ; Pelzeln (A. von) . ”
René de Mandre, Les Familles et localités du nom de Mandre ou Mandres… (1904)
“ Pour les gentilshommes, le surnom était le nom de leur principale seigneurie, mais comme ils étaient naturellement fiers de porter le nom que leurs ancêtres avaient illustré, ils gardèrent volontiers ce nom même lorsqu'ils n'avaient plus cette seigneurie; c'est pourquoi les noms patronymiques ont existé beaucoup plus tôt dans les familles nobles que dans les autres, et même vraisemblablement d'autant plus tôt qu'elles étaient plus nobles. ”
Xavier de Quirielle, Mémoire présenté au prince Louis-Napoléon Bonaparte (1852)
“ Mais l'influence heureuse ou fatale d'un nom, qui donc est assez ignorant des choses de ce monde pour ne la point voir ? L'homme s'agite, et Dieu le mène ; des attaches par lesquelles il le tient, le nom est la plus forte. ”
Gottfried Wilhelm Leibniz,
Œuvres philosophiques de Leibniz…
“ Si les hommes diffèrent dans le nom, cela change-t-il les choses ou leurs ressemblances ? Si l’un applique le nom d’avarice à une ressemblance, et l’autre à une autre, ce seront deux différentes espèces désignées par le même nom. ”
Jean de La Rocca, Abbatucci, garde des sceaux, ministre de la justice… (1858)
“ Après plus de trente années d'exil et de proscription, un nom, le plus grand nom de l'histoire, a fait vibrer le cœur des masses comme au jour où l'homme ,qui l'a immortalisé brillait de tout l'éclat de la gloire et de la puissance. ”
“ Le véritable Nom n’est pas celui qui dore les portiques, illustre les actes ; ni que le peuple mâche de dépit ; Le véritable Nom n’est point lu dans le Palais même, ni aux jardins ni aux grottes, mais demeure caché par les eaux sous la voûte de l’aqueduc où je m’abreuve. ”
Leconte de Lisle,
Histoire du Moyen-Âge
“ L’usage des noms de famille dans la noblesse remonte à la première croisade, ainsi que les armoiries et les emblèmes héraldiques. Dans ces grandes réunions d’hommes, tout chevalier ne pouvait se faire reconnaître que par un nom qui lui fût propre, et la plupart adoptèrent celui de leur fief. ”
Marie-Louise Sjoestedt-Jonval, Description d’un parler irlandais de Kerry
“ Le suffixe dénominatif, sans signification propre, ‐ɑ:lʹ‐, ‐ɑ:l‐, substantif verbal ‐ɑ:lʹ, gén. ‐ɑ:lə (‐áil, ‐ála) , adj. verb. ‐ɑ:ltə, parfois ‐ɑ:lʹtʹə (‐álta, ‐áilte) se développe considérablement dans la langue actuelle. En dehors de son rôle proprement dénominatif il sert à naturaliser tout verbe ou nom d’action emprunté. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Il n’est plus temps pour moi de revenir là-dessus. Un nom propre est une chose extrêmement importante dans un roman, une chose capitale. On ne peut pas plus changer un personnage de nom que de peau. C’est vouloir blanchir un nègre. ”
Charles-Louis-Augustin Letellier, Les lois de la parole, ou Examen critique des bases sur lesquelles reposent les langues orientales et occidentales… (1861)
“ Que si, comme dans le chinois, le nom même de la personne ou les qualités qu'on lui substitue par modestie ou pour rendre hommage, remplace le plus souvent le pronom, il n'efface pas la nécessité de distinguer les trois personnes. ”
Renée Vivien,
Une femme m’apparut
“ Le pauvre mot, le misérable mot qui nomme l’Innommable ! Comment un nom, c’est-à-dire l’étiquette inventée par les humains pour se reconnaître parmi leurs semblables, un nom, la définition d’une humaine pensée, peut-il résumer l’Infini ? ”
[Notes généalogiques et héraldiques sur la maison de Norreys de Longjumeau…
“ L'origine du nom a son essence, il est regrettable de le voir transfigurer par des scribes ; mais, quand ceux qui ont porté glorieusement leur nom au travers de dix siècles/et ont su en maintenir le lustre, il y a bien d'autres questions à traiter que celle inhérente à la transformation des langues. ”
Friedrich Max Müller,
Essai de mythologie comparée
(1859)
“ Voilà pourquoi plus un langage est ancien, plus il est riche en synonymes. Les synonymes doivent naturellement donner naissance à beaucoup d'homonymes. Si nous pouvions donner au soleil cinquante noms exprimant différentes qualités, quelques-uns de ces noms seraient également applicables à d'autres objets possédant la même qualité. Ces différents objets seraient donc appelés du même nom; ils deviendraient des homonymes. ”
Dumarsais, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Noms construits sans prénom ni préposition à la suite d’un verbe, dont ils sont le complément. Souvent un nom est mis sans prénom ni préposition après un verbe qu’il détermine, ce qui arrive en deux occasions. 1°. Parce que le nom est pris alors dans un sens indéfini, comme quand on dit, il aime à faire plaisir, à rendre service ; car il ne s’agit pas alors d’un tel plaisir ni d’un tel service particulier ”
George Sand,
Lucrezia Floriani
“ Je ne vous ai jamais vu. — Ni moi non plus ; mais votre fille vous ressemble, et je savais bien son véritable nom. — Un meilleur nom que celui qu’ils lui donnent maintenant ! mais enfin le pli en est pris, et ils l’appellent tous d’un nom de guerre ! Ah ça ! vous voulez donc la voir ? Vous venez exprès ? ”
Michel Hébert, Consultation pour M. le duc d'Uzès (1867)
“ Lorsque le juge du fait se trouve en face d'un nom changé brusquement ou transformé insensiblement en un autre, son devoir est de révoquer, de supprimer, comme n'existant pas valablement en droit, le nom tout nouveau ou modifié, d'en interdire désormais l'usage, de déclarer que le nom primitif de la famille a été et doit toujours continuer d'être son seul nom. ”
Eugénie Niboyet,
Le Conseiller des femmes
“ Maintenant faites-moi comprendre comment vous formez le pluriel des noms ? EMMA. Il est posé en règle générale que les noms forment leur pluriel en s quel que soit leur genre, ainsi on écrit : un homme, des hommes ; une femme, des femmes. Toutefois, il y a des exceptions, et les mots terminés au singulier par s , x ou z , n’ajoutent rien au pluriel ; et l’on écrit : le fils, les fils ; le puits, les puits ; le dez, les dez, etc. Il n’y a que les mots terminés au singulier par eau, au, eu et ou, qui prennent x au pluriel, comme : un tonneau, des tonneaux ; un jeu, des jeux ”
Adrien de Tourville, Étude sur la législation des noms patronymiques… (1865)
“ Ce retour à un sentiment plus vif de l'invariable immutabilité du nom, opéré sous l'influence des institutions démocratiques d'aujourd'hui, est un heureux augure, et semble annoncer, malgré tant de signes douteux, qu'un respect plus sérieux de la famille rentre dans nos mœurs. ”
Louise Alquié de Rieupeyroux, Anthologie féminine
“ Disons encore que je ne me suis pas attardée à dévoiler scrupuleusement les pseudonymes, pour satisfaire une vaine curiosité ; le nom sous lequel on sait acquérir quelque gloire n’est-il pas plus vôtre que le nom patronymique ? ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ En éthiopien, au contraire, comme en arabe, la modification introduite par l’état construit est assez simple ; il suffit de donner au mot la désinence même de l’accusatif, dont nous avons plus haut indiqué les lois. 5. Adjonction des suffixes au nom et au verbe. — Nous avons fait connaître ci-dessus les pronoms personnels dits suffixes. Ils sont ainsi nommés parce qu’ils se soudent au mot qu’ils accompagnent, nom ou verbe. Joint au nom, le suffixe joue le rôle de pronom possessif, ou mieux de pronom personnel mis au génitif. ”
Éman Martin, La langue française enseignée aux étrangers… (1859-1860)
“ Comme les noms ayant un genre unique sont de deux sortes, les noms communs ordinaires et les noms géographiques, cette section doit comprendre deux paragraphes. § 1er. — GENRE DES NOMS COMMUNS. S'il est impossible de formuler des règles générales qui permettent, en toute occasion, de reconnaître au simple aspect d'un substantif français s'il est masculin ou féminin, il ne l'est pas d'en établir un certain nombre de particulières qui aplanissent singulièrement les difficultés de l'étude du genre. ”
Michel Chevalier,
Revue des Deux Mondes
“ Le nom français avait alors de belles chances pour devenir le premier, non-seulement, comme celui des Grecs, dans le monde des idées, par la littérature et les arts, mais aussi, comme le nom romain, dans le monde matériel et politique, par le nombre des hommes qui eussent été fiers de le porter, par l’immensité du territoire que sa domination eût couvert. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Et puis, penser que mon nom, toujours respecté, honoré, a dû être si souvent prononcé avec insolence et dérision... comme on prononce celui d’un mari trompé !... Penser que mon nom... mon nom dont j’ai toujours été si fier, appartient à cette heure au fils de l’homme dont j’aurais voulu arracher le cœur !... Oh ! ”
