Auguste Haussmann

Résumé

Auguste Haussmann Revue des Deux Mondes

Ces ornemens, ces constructions si variés présentent un caractère commun qui est le caractère même de l’esprit chinois : c’est la recherche, c’est le culte du détail. On retrouve là, sur une grande échelle, le même effort de patience dont on admire la trace sur les joujoux en jade, en ivoire ciselé, qui remplissent les boutiques de Canton. Ce qui manque, dans cette foule de petits chefs-d’œuvre, c’est l’harmonie, c’est l’unité de l’ensemble, en un mot l’art véritable. Tout est joli, coquet, mais rien de plus.
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Auguste Haussmann Revue des Deux Mondes

Le Chinois semble aussi fort peu porté de sa nature à ces terribles éclats de la force brutale, dont les gens du peuple donnent si fréquemment le triste spectacle en Europe. Il se contente d’épancher sa colère en cris et en injures, mais il en vient très rarement aux voies de fait. Du reste, nulle part peut-être le bas peuple n’abuse plus grossièrement de la parole qu’à Canton, si l’on en juge par une horrible injure que les coulis s’adressent à chaque minute, et que la morale publique ne permettrait pas de prononcer dans les rues d’une de nos villes.
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La question capitale pour nous est moins dans les importations que dans les exportations. Le faible bénéfice que nous parviendrions très péniblement à réaliser sur les premières ne serait point un attrait suffisant pour notre commerce, si quelque chargement avantageux ne devait pas être le prix de ces lointaines et hasardeuses expéditions. Parmi les articles d’exportation de la Chine, il en est un qui mérite de fixer notre attention : c’est la soie grège. Nous ne pouvons pas songer à opérer nos retours avec des chinoiseries : il nous faut une base solide, un objet de grande consommation.
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