“ Si le Sage, faisant peu de cas de l’albâtre, vénère le pur Jade onctueux, ce n’est point que l’albâtre soit commun et l’autre rare : Sachez plutôt que le Jade est bon, Parce qu’il est doux au toucher — mais inflexible. ”
Jade
Définition et enjeux
Le jade, minéral précieux et symbolique, désigne plusieurs variétés de pierres précieuses, comme la néphrite et la jadéite, utilisées depuis l’Antiquité dans l’ornementation et les rituels. En Chine, il incarne la pureté et le pouvoir impérial, tandis que les civilisations mésoaméricaines le lient à la divinité et à la résurrection.
Des auteurs comme Victor Segalen ou Judith Gautier ont célébré sa douceur et son éclat, soulignant son rôle de lien entre le matériau et l’idéal. Les gisements, de la Birmanie aux Alpes, en témoignent de sa rareté et de son prestige transcontinental.
Citations sur le jade
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ L’OMBRE DES FEUILLES D’ORANGER Selon Tin-Tun-Ling. La jeune fille qui travaille tout le jour dans sa chambre solitaire est doucement émue si elle entend tout à coup le son d’une flûte de jade ; Et elle s’imagine qu’elle entend la voix d’un jeune garçon. À travers le papier des fenêtres, l’ombre des feuilles d’oranger vient s’asseoir sur ses genoux ; Et elle s’imagine que quelqu’un a déchiré sa robe de soie. AU BORD DE LA RIVIÈRE Selon Li-Taï-Pé. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Le bas de la robe baise doucement le bord des marches ; le satin blanc et le jade se ressemblent. Le clair de Lune a envahi l’appartement de l’Impératrice ; en passant la porte, elle est tout éblouie ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ La femme, dans la splendeur de sa beauté, est pareille au vent tiède d’août : elle rafraîchit et parfume notre vie ; Mais, lorsque la soie blanche de l’âge couvre sa tête, nous la fuyons comme le vent d’hiver. CHANSON SUR LE FLEUVE Selon Li-Taï-Pé. Mon bateau est d’ébène ; ma flûte de jade est percée de trous d’or. Comme la plante qui enlève une tache sur une étoffe de soie, le vin efface la dispute dans le cœur. Quand on possède de bon vin, un bateau gracieux et l’amour d’une jeune femme, on est semblable aux Génies immortels. LE PAVILLON DE PORCELAINE Selon Li-Taï-Pé. ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Java, Siam… (1870)
“ Avec leurs boucles d'oreilles de jade, leurs joues peintes de jus de betterave, leurs sourcils rejoignant la chevelure, leurs yeux en amande et leur manque absolu d'expression, elles ont l'air de poupées de cire coloriées, et il semble qu'il suffirait de souffler un peu fort sur.elles pour les faire tomber. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Leurs beaux seins arrondis s’élèvent sur leur poitrine, deux coupes de jade sur un ciel lumineux. Comment ne chanterais-je pas ? Mais si aux montagnes chauves on faisait boire ce que me font boire ces gazelles, elles chanteraient ! ”
Oscar Wilde,
La maison des grenades
(1924)
“ Là, je vis une idole 122 LA MAISON DES GREMADES sur un lotus de jade que soutenaient des gerbes d'émeraudes. L'idole était d'ivoire sculpté et deux fois plus haute que la statue d'un homme Sur son front, il y avait une chrysolithe et sa poitrine était barbouillée de myrrhe et de cinnamome. Dans une main elle tenait un sceptre.en jade de forme recourbée, et dans l'autre une boule de cristal. Elle portait des chaussures d'airain, et autour de son cou épais il y avait un collier de sélénites. Et je dis au prêtre : — Est-ce là le Dieu ? Et il me répondit : — C'est le Dieu. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Le roi était vêtu de satin, et des ornements de jade se balançaient à sa ceinture. Mais maintenant les robes de satin dorment dans des coffres d’ébène et les ornements de jade sont immobiles ; on ne voit plus entrer dans le pavillon que les vapeurs bleues du matin et la pluie qui pleure le soir. Les nuages roulent dans le ciel, noircissant l’eau limpide ; car le roi est parti. Ainsi la lune traverse le ciel et disparaît. ”
Jules Laforgue,
Poésies complètes de Jules Laforgue
“ COMPLAINTEdes pubertés difficiles Un éléphant de Jade, œil mi-clos souriant, Méditait sous la riche éternelle pendule, Bon boudha d’exilé qui trouve ridicule Qu’on pleure vers les Nils des couchants d’Orient, Quand bave notre crépuscule. Mais, sot Eden de Florian, En un vase de Sèvre où de fins bergers fades S’offrent des bouquets bleus et des moutons frisés, Un œillet expirait ses pubères baisers Sous la trompe sans flair de l’éléphant de Jade. À ces bergers peints de pommade Dans le lait, à ce couple impuissant d’opéra Transi jusqu’au trépas en la pâte de Sèvres, Un gros petit dieu Pan venu de Tanagra ”
Judith Gautier,
Le Dragon Impérial
“ Dans de grandes caisses de jade vert s’épanouissent, par touffes splendides, des pivoines, des camélias, des cactus, et, parmi les fleurs, des parfums précieux brûlent sans trêve sur de larges trépieds de bronze. ”
Judith Gautier,
Le Dragon Impérial
“ Nul n’ignore que si l’ombre d’un homme prend la forme d’un dragon qui suit humblement les pas de son maître, cet homme tiendra un jour dans sa main la poignée de jade du sceptre impérial. Mais nulle bouche ne doit s’ouvrir pour révéler le miracle qu’ont vu les yeux ; car la destinée serait renversée et une nuée de malheurs descendrait du ciel. ”
Judith Gautier,
Le Dragon Impérial
“ Chaque kiosque est un écrin. L’or, le jade, l’ivoire, les émaux, marient leurs clartés confuses, et sur toutes ces pompes, d’où s’élève un concert intense et continu de fraîcheurs, de scintillements et de rayons, triomphe, prodigieusement formidable, le Dragon Long. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ J’ai vu passer la première épouse du grand Mandarin Lo-Wang-Li ; elle se promenait à cheval près du lac, dans l’allée où la lune blanchit les feuilles de saule. En se promenant elle a laissé tomber de son cou quelques perles de jade ; un homme qui se trouvait là les a ramassées et s’est enfui très-joyeux. Mais moi, je n’ai pas ramassé de perles, parce que je regardais seulement le beau visage de la jeune femme, plus blanc que la lune dans les feuilles de saule, et je m’en suis allé en pleurant. LA FEUILLE SUR L’EAU Selon Tché-Tsi. ”
Judith Gautier,
Le Dragon Impérial
“ Surchargeant de hautes tables d'albâtre adossées aux murailles, des coffrets de jade vert, merveilles de sculpture, s'entr'ouvrent et laissent déborder des perles de Tartarie qui se répandent sur des nappes de satin pourpre, comme de grosses gouttes de lait; dans des tasses d'or mat, ainsi qu'une liqueur lumineuse, ont été versés à pleins bords les plus purs diamants; les rubis saignent dans des coupes d'ivoire; les sombres saphirs luisent sourdement au fond de jonques en cristal clair ”
Description des objets d'art du moyen âge… (1842)
“ Jade céladon. — Tasse de forme ronde et garnie d'une anse. Haut. 55 m. — Diam. i i o m. 342. Jade laiteux. — Tasse festonnée à cinq gaudrons. - Elle est entourée de fleurs et de branchages en relief et taillés dans la masse. Son anse, qui est d'argent, se termine du haut par un Amour. Haut. 30 m - Diam. 100 m. 343. Jade gris. — Plaque en forme de feuille. — Elle est découpée sur ses faces par des ornements travaillés à jour. Haut. 8 m. — Diam. Si m. 344. Jade. — Forme oblongue, bordé de perles. Sur son fond , travaillé à jour, sont gravés en relief deux oiseaux et d'autres ornements. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Les petites vagues brillent au clair de Lune qui change en argent le vert limpide de l’eau ; et l’on croirait voir mille poissons courir vers la mer. Je suis seul dans mon bateau qui glisse le long du rivage ; quelquefois j’effleure l’eau avec mes rames ; la nuit et la solitude me remplissent le cœur de tristesse. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Assis dans mon pavillon du bord de l’eau, j’ai regardé la beauté du temps ; le soleil marchait lentement vers l’occident au travers du ciel limpide. Les navires se balançaient sur l’eau, plus légers que des oiseaux sur les branches, et le soleil d’automne versait de l’or dans la mer. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Les fleurs n’ont déjà plus de parfums ; le vent du nord va les faire tomber, et bientôt les nénuphars navigueront sur le fleuve. Ma lampe s’est éteinte d’elle-même, la soirée est finie, je vais aller me coucher. L’automne est bien long dans mon cœur, et les larmes que j’essuie sur mon visage se renouvellent toujours. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Quand ma bien-aimée est venue au monde, on a enfermé ses petits pieds dans des boîtes de fer ; et ma bien-aimée ne se promène jamais dans les chemins. Quand elle est venue au monde, on a enfermé son cœur dans une boîte de fer ; et celle que j’aime ne m’aimera jamais. ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Java, Siam… (1870)
“ La plus livide pâleur est marquée sur leur visage ; leurs yeux langoureux accusent un affaiblissement progressif; la fièvre les mine et le soleil les tue! Et pourtant, fascinées par ce je ne sais quoi qui enivre sous les tropiques, attachées aux douceurs contemplatives de la vie créole, bercées par un demi-sommeil, un demi-délire, qui ne sont que le commencement de la mort, elles aiment leur Java, la magnificence de leurs palais, le pouvoir quasiroyal de leurs maris ou de leurs fils, l'arène où ceux-ci développent leurs viriles facultés, — et elles sacrifient la santé au devoir ! ”
“ Le fils prodigue se jette en sanglotant le visage contre terre : — Mon père ! mon père ! Le goût sauvage des glands doux demeure malgré tout dans ma bouche. Rien n’en saurait couvrir la saveur. — Pauvre enfant ! — reprend le père qui le relève, — je t’ai parlé peut-être durement. Ton frère l’a voulu ; ici c’est lui qui fait la loi. C’est lui qui m’a sommé de te dire : « Hors la Maison, point de salut pour toi. » Mais écoute : C’est moi qui t’ai formé ; ce qui est en toi, je le sais. Je sais ce qui te poussait sur les routes ”
André Gide,
Philoctète
(1899)
“ Prophète ; c’est aux autres seuls que j’ai prédit. — On partait en troupe pressée, on ne savait ni pour quoi, ni pour où. Ils me payèrent afin de les distraire ; ainsi je me joignis à eux ; je leur chantais des chants d’amour dans l’ennui de la longue route et pleurais avec eux les femmes que nous n’avions pas emmenées ; ainsi je me fis aimer d’eux. Nous avancions vers le désert. Devant nous cheminait le prince, porté sur une litière fermée ; nul de nous ne pouvait le voir. La nuit il dormait seul sous sa tente et nul de nous n’en approchait ; des esclaves muets en protégeaient la solitude. ”
Jean Racine,
Oeuvres de Jean Racine, précédées d'un essai sur sa vie et ses ouvrages…
(1926)
“ J'ai vu de son courroux tomber la violence. Princesse, en ce péril vous gardez le silence ! Hé quoi ! pour un enfant qui vous est étranger Souffrez-vous que sans fruit Joad laisse égorger Vous, son fils, tout ce peuple, et que le feu dévore Le seul lieu sur la terre où Dieu veut qu'on l'adore ? Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux Ce jeune enfant étoit un reste précieux ? JOSABETH, tout bas à Joad. Pour le sang de ses rois vous voyez sa tendresse : Que ne lui parlez-vous ? JOAD Il n'est pas temps, princesse. ABNER Le temps est cher, seigneur, plus que vous ne pensez. ”
André Gide,
Philoctète
(1899)
“ Hélas ! et c’est pourquoi chaque matin ma foi s’en réveillait plus faible ; puis quand auprès de lui toute la nuit je refaisais ma confiance, lui n’était point par là fortifié. — El Hadj ! disait-il alors, pauvre prophète ! comme ton amour est petit ! Vaut-il la peine que j’en vive ? si tu n’en es pas plus brûlé, — O ! répondais-je, je vous aime, prince, autant que je peux vous aimer. — C’est au soleil que tout chancelle ; la nuit je m’assieds près de vous et me consume de ferveur. — Que ne suis-je sous votre tente tout le jour ? nous nous consolerions longuement ”
Premier livre des Chroniques, Ancien Testament
“ N’est-ce pas moi qui ai ordonné le dénombrement du peuple ? C’est moi qui ai péché et qui ai fait le mal ; mais ces brebis, qu’ont-elles fait ? Éternel, mon Dieu, que ta main soit donc sur moi et sur la maison de mon père, et qu’elle ne fasse point une plaie parmi ton peuple ! L’ange de l’Éternel dit à Gad de parler à David, afin qu’il montât pour élever un autel à l’Éternel dans l’aire d’Ornan, le Jébusien. David monta, selon la parole que Gad avait prononcée au nom de l’Éternel. Ornan se retourna et vit l’ange, et ses quatre fils se cachèrent avec lui : il foulait alors du froment. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ L’ennui couvre l’esprit comme un voile de nuages, et nous restons tristement assis à l’intérieur. C’est le moment de laisser tomber sur le papier la poésie amassée pendant l’été ; ainsi, des arbres, les fleurs mûres tombent. ”
La Sainte Bible selon la Vulgate… (1866)
“ Maudite soit leur fureur, parce qu'elle est opiniâtre, et leur colère, parce qu'elle est inflexible : je les diviserai dans Jacob, et je les disperserai dans Israël. 8. Juda, vos frères vous loueront ; votre main mettra vos ennemis sous le joug ; les enfants de votre père vous adoreront. 9. Juda est un jeune lion. Vous vous êtes levé, mon fils, pour ravir la proie. Dans votre repos vous êtes couché comme un lion et une lionne : qui osera le réveiller ? 10. LE SCEPTRE NE SERA POINT ÔTÉ DE JUDA, NI LE PRINCE DE SA POSTÉRITÉ, JUSQU'A CE QUE VIENNE CELUI QUI DOIT ÊTRE ENVOYÉ ”
André Gide,
Philoctète
(1899)
“ Celui qui marche dans la nuit, peut pendant le jour goûter l’ombre. — Et moi-même en disant cela j’espérais.Le lendemain, tandis que nous avancions dans la plaine et que les dernières ombres disparaissaient, je pensais : à quoi me sert-il de chanter si je ne chante pas pour le prince ? — Cette nuit, non loin de sa tente, j’irai ; eux tous fatigués dormiront ; le prince qui n’a pas marché doit peu dormir ; il m’entendra, et je chanterai si bellement qu’il voudra encore m’entendre. ”
“ Elle ne pouvait lire ce qu’André lui annonçait et elle n’avait personne au monde à qui elle aurait osé montrer la lettre. Qui pouvait savoir ce qu’André avait écrit pour elle, sur ce papier ? Pierre ne devait pas le voir, ni cette femme qui, au delà du tunnel, habitait dans l’autre maison de garde. Le garde ambulant raconterait tout dans le village. Et alors... Jella se rappela Jagoda. Ses yeux brillèrent. Comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt. Jagoda, même ne sachant pas lire, devinerait ce qu’il y avait dans la lettre. Elle savait plus de choses que les autres. ”
André Gide,
Philoctète
(1899)
“ Je disais les travaux plus aisés ; la volupté plus souriante, l’azur plus clair, l’air moins brûlant, la nuit moins enflammée. — Y serons-nous bientôt ? demandait-il. — Nous y serons bientôt, répondais-je, — Chante encore, El Hadj bien aimé ! — Là-bas, chantais-je, coulent des eaux non plus salées. Ah ! que seront doux à nos pieds les cailloux glacés des rivières...A chanter, la moitié de la nuit se passait.Je ne sais si mon chant donnait de l’assurance au prince, mais moi j’en étais extraordinairement fortifié. Ce que je chantais devenait ; après l’avoir chanté j’y croyais. ”
Judith Gautier,
Le Livre de jade
“ Derrière les treillages de sa fenêtre, une jeune femme qui brode des fleurs brillantes sur une étoffe de soie écoute les oiseaux s’appeler joyeusement dans les arbres. Elle relève sa tête et laisse tomber ses bras ; sa pensée est partie vers celui qui est loin depuis longtemps. « Les oiseaux savent se retrouver dans le feuillage ; mais les larmes qui tombent des yeux des jeunes femmes comme la pluie d’orage ne rappellent pas les absents. » ”
“ Ceux-là, d’entre les fils de Gad, étaient chefs de l’armée ; le moindre [était chef] de cent [hommes] , et le plus grand, de mille. 15. Ce sont ceux qui traversèrent le Jourdain au premier mois, quand il regorge par-dessus tous ses bords ; et ils mirent en fuite ceux de toutes les vallées, vers le levant et vers le couchant. 16. Et des fils de Benjamin et de Juda allèrent vers David dans le lieu fort. 17. Et David sortit à leur rencontre, et prit la parole et leur dit : Si c’est pour la paix que vous venez vers moi, pour m’aider, mon cœur sera uni à vous ”
“ Ne crains rien, ô jeune femme, dit cette inconnue d’une voix grave et douce, ceux que tu vois ici ne sont point des hommes cruels. Ils apportent, non la fraude et l’injure, mais la vérité et l’amour. Nous venons de Judée, où le fils de Dieu est mort et ressuscité. ”
André Gide,
Si le grain ne meurt
“ Elle m’a reparlé d’Uzès et de ma grand’mère, ravivant mes souvenirs ternis : — À chaque œuf que vous mangiez, racontait-elle, votre bonne-maman ne manquait pas de s’écrier, qu’il fût au plat ou à la coque : — Eh ! laisse le blanc, petiton : il n’y a que le jaune qui compte ! — Et Marie, en bonne Suissesse, ajoutait : — Comme si le bon Dieu n’avait pas fait le blanc aussi pour être mangé ! Je ne compose pas ; je transcris mes souvenirs tout comme ils viennent et passe de ma grand’mère à Marie. ”
André Gide,
Philoctète
(1899)
“ Quand tous obéiraient, pensais-je, la mer n’en serait pas moins telle. On en pouvait toujours supposer un, pécheur, pour qui tous pâtiraient, — tous ne pouvant savoir ce qu’un seul d’entre eux aurait fait.Dans l’ennui des deux jours la mer fut azurée ; l’autre rive se révélait vaguement et se couronnait de mirages que le cours des heures variait. Je restais auprès de la tente du prince pour faciliter leur péché. — La nuit, je descendais jusqu’à la plage dont je connaissais la surprise. Je m’asseyais non loin du bord, uniquement épris de regarder. La lune se levait, plus pleine que la veille ”
