André Gide,
Si le grain ne meurt
“ Elle m’a reparlé d’Uzès et de ma grand’mère, ravivant mes souvenirs ternis : — À chaque œuf que vous mangiez, racontait-elle, votre bonne-maman ne manquait pas de s’écrier, qu’il fût au plat ou à la coque : — Eh ! laisse le blanc, petiton : il n’y a que le jaune qui compte ! — Et Marie, en bonne Suissesse, ajoutait : — Comme si le bon Dieu n’avait pas fait le blanc aussi pour être mangé ! Je ne compose pas ; je transcris mes souvenirs tout comme ils viennent et passe de ma grand’mère à Marie. ”

