André Gide

André Gide

Résumé

Portrait de André Gide André Gide,  Vers et prose

“ Pour que ton âme y puisse trouver un abri, un luxe digne d’elle, du confort, un emploi, des générations travaillèrent. Toi, l’héritier, le fils, pourquoi t’être évadé de la Maison ?
— Parce que la Maison m’enfermait. La Maison, ce n’est pas Vous, mon Père.
— C’est moi qui l’ai construite, et pour toi.
— Ah ! Vous n’avez pas dit cela, mais mon frère. Vous, vous avez construit toute la terre, et la Maison et ce qui n’est pas la Maison. La Maison, d’autres que vous l’ont construite ; en votre nom, je sais, mais d’autres que vous.
— L’homme a besoin d’un toit sous lequel reposer sa tête.
”
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Portrait de André Gide André Gide,  Vers et prose

“ Lorsqu’au défaut de la colline il aperçoit enfin les toits fumants de la maison, c’est le soir ; mais il attend les ombres de la nuit pour voiler un peu sa misère. Il entend au loin la voix de son père ; ses genoux fléchissent ; il tombe et couvre de ses mains son visage, car il a honte de sa honte, sachant qu’il est le fils légitime pourtant. Il a faim ; il n’a plus, dans un pli de son manteau crevé, qu’une poignée de ces glands doux, dont il faisait, pareil aux pourceaux qu’il gardait, sa nourriture. ”
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Portrait de André Gide André Gide,  Vers et prose

“ J’imagine l’étreinte du Père ; à la chaleur d’un tel amour mon cœur fond. J’imagine une précédente détresse, même ; ah ! j’imagine tout ce qu’on veut. Je crois cela ; je suis celui-là même dont le cœur bat quand, au défaut de la colline, il revoit les toits bleus de la maison qu’il a quittée. Qu’est-ce donc que j’attends pour m’élancer vers la demeure ; pour entrer ? — On m’attend. Je vois déjà le veau gras qu’on apprête... Arrêtez ! ne dressez pas trop vite le festin ! — Fils prodigue, je songe à toi ; dis-moi d’abord ce que t’a dit le Père, le lendemain, après le festin du revoir. ”
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