C. Dambuyant, Album d'un sourd-muet (1850)
“ Et vous aurez le doigt sur le profond abîme Où chaque sourd-muet descendait en victime. Je m'arrête : aussi bien sur un malheur si grand On ne devrait verser que des larmes de sang ; Et de cette infortune en remuant les pages, On devrait avec feu flétrir tous les passages Où, sous l'impulsion de fatals préjugés, On voit les sourds-muets en naissant égorgés. Ainsi le peuple-roi, ce peuple grand et libre, A l'âge de trois ans , les jetait dans le Tibre ; Ainsi Lacédémone, à leur premier soupir, Dans un désert affreux les envoyait mourir (1) . ”
