Oscar Wilde

Oscar Wilde

Résumé

Portrait de Oscar Wilde Oscar Wilde La maison des grenades (1924)

Fuis, va te mettre en sûreté, car vraiment tu ne m'enverras plus sans coeur dans un autre monde !
Mais le jeune pêcheur n'écoutait plus son âme; s'adressant à la seule petite sirène il disait :
— L'Amour est plus haut que la Sagesse, plus précieux que la Richesse, plus beau que ne le sont les filles des hommes. Le feu est impuissant à le détruire, l'eau ne peut l'étancher. Je t'appelai à l'aube de chaque jour, et tu n'as pas répondu à mon appel. La lune entendit résonner ton nom, et pourtant tu ne faisais pas attention à mes cris.
Source : Gallica

Portrait de Oscar Wilde Oscar Wilde La maison des grenades (1924)

Le peuple de la mer est comme les animaux qui ne savent point distinguer le bien du mal et ce n'est pas pour ceux-là que Notre-Seigneur est mort !
Les yeux du jeune pêcheur s'emplirent de larmes, en entendant ces dures paroles du prêtre ; il se releva et lui répondit :
— Mon père, les faunes vivent heureux dans les forêts et sur les rochers sont les tritons avec leur harpe d'or rouge. Faites que je sois comme eux, je vous en supplie, car leurs jours sont fleuris de bonheur. Et quant à mon âme, de quel profit m'est-elle donc, si elle est l'obstacle entre moi et la créature que j'aime?
Source : Gallica

Portrait de Oscar Wilde Oscar Wilde La maison des grenades (1924)

Et le jeune pêcheur se mit à rire :
— Tu ne m'as fait aucun mal, mais je n'ai pas besoin de toi, répondit-il. Le monde est grand, et il y a aussi le Ciel et l'Enfer, et ce séjour de trouble crépuscule, qui est entre eux. Va où tu veux; mais ne m'importune point; car ma bienaimée m'appelle.
Et son âme quand même, implorait sa compassion, mais il restait sourd à ses plaintes et bondissait de roche en roche, comme une chèvre sauvage. Enfin il atteignit le terrain uni, le sable jaune dévalant vers la mer.
Source : Gallica

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