“ La rosée qui tombe est froide, glaciale, et nul oiseau ne chante dans l'Arcadie. Les petits Faunes ont abandonné la colline, et même l'asphodèle fatiguée a clos ses portes d'or, et pourtant mon amant ne revient point près de moi. Lune trompeuse, lune trompeuse! O lune qui pâlissez! où donc est allé mon fidèle amant? Où sont les lèvres de vermillon, la houlette de berger, les chaussures de pourpre? Pourquoi déployer cet étendard d'argent? Pourquoi prendre ce voile de brouillards mobiles? Ah! c'est toi qui possèdes le jeune Endymion, c'est toi qui possèdes ces lèvres destinées au baiser. ”
Oscar Wilde
Résumé
"Poèmes", recueil d'Oscar Wilde, explore les thèmes de l'amour, de la nature et de la beauté fugace à travers une langue lyrique et symbolique. Les vers, chargés d'images poétiques comme l'asphodèle, la lune ou la rosée, célèbrent une passion vive et des paysages idylliques, souvent teintés de mélancolie.
Le recueil, publié en 1881, révèle une sensibilité romantique et une fascination pour les motifs mythiques, comme en témoigne le poème "Endymion". Wilde y mêle rêverie et critique sociale, affirmant que la nature et l'amour partagent une même éternelle splendeur.
Citations de Poèmes (Oscar Wilde)
“ Le véritable amour n'est qu'unjoujou de femme; elle n'ont jamais connu la douleurd'un amant, et moi qui aimais autant qu'aimé unjeune homme, il faut que j'aime en vain, que j'aimeen vain.O noble pilote, dis-moi la vérité. Est-ce là lebrillant d'une chevelure dorée, ou n'est-ce que leréseau de la rosée dans ces fleurs de la passion quevoici? Bon marin, viens et dis-moi maintenant:est-ce là la main de ma Dame? ou n'est-ce que le refletde la proue, où n'est-ce encore que le sableargenté. ”
“ Désormais à l'abri de l'injustice du monde et desa souffrance, il repose sous le voile bleu de la Divinité.Enlevé à la vie, quand la vie et l'amourétaient dans toute leur nouveauté, ainsi gît le plusjeune des martyrs;beau comme Sébastien, et comme lui, mis àmort prématurément. Nul cyprès ne jette son ombresur son tombeau, point d'if funéraire, mais de doucesviolettes, qui pleurent avec la rosée, tissent sur sesrestes une chaîne qui fleurit sans cesse.O coeur si fier que brisa la misère, ô lèvres, lesplus douces depuis celles de Mitylène, ô poètepeintre de notre terre anglaise! ”
