Résumé

Charles-Louis-Augustin Letellier Les lois de la parole, ou Examen critique des bases sur lesquelles reposent les langues orientales et occidentales… (1861)

Les genres du substantif, quoique diminués de la difficulté d'y comprendre le genre neutre, sont, pour le français, l'italien et l'espagnol, un souvenir indélébile de leur parenté avec le tissu artificiel. L'anglais, si libre dans ses allures, a fait un effort suprême en se débarrassant de cette entrave : pour lui le mot n'a aucun genre ; mais l'empreinte qu'il figure, quand elle est celle d'un être vivant, reste avec le genre que lui attribue la nature. N'eût-il eu que ce retour vers le tissu naturel, l'anglais eût mérité d'être pris pour type du tissu mixte
Source : Gallica

Charles-Louis-Augustin Letellier Les lois de la parole, ou Examen critique des bases sur lesquelles reposent les langues orientales et occidentales… (1861)

Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l'empreinte isolée n'acquiert son titre que quand un mot définitivement adopté lui donne ainsi une existence distincte. Bien ou mal comprise dans son analyse, elle est désormais une synthèse, et le livre de toutes les synthèses dont l'esprit humain compose son butin n'est autre que le vocabulaire d'une langue. Tous les membres d'une même société étant munis des mêmes synthèses ou du même vocabulaire n'ont que peu d'efforts à faire pour donner l'éveil sur celles de ces empreintes qu'ils veulent faire surgir au centre des connaissances de l'auditeur.
Source : Gallica

Charles-Louis-Augustin Letellier Les lois de la parole, ou Examen critique des bases sur lesquelles reposent les langues orientales et occidentales… (1861)

Toutefois, le monde extérieur n'existe pour l'individu qu'à la condition de pénétrer et de s'incorporer dans son monde intérieur : c'est là qu'est pour lui toute la réalité. Quand il double son attention pour se rendre compte du fait extérieur, il cherche à former une empreinte plus saisissable sur laquelle seule il peut porter son jugement. La facilité avec laquelle ce jugement est rendu aussitôt que l'empreinte arrive au centre des connaissances lui fait bientôt assimiler l'image à la réalité, et il affirme le fait extérieur alors qu'il est devenu le fait intérieur.
Source : Gallica

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