Michel Bréal

Résumé

Michel Bréal Essai de Sémantique

Dire que le langage est un organisme, c’est obscurcir les choses et jeter dans les esprits une semence d’erreur. On pourrait dire aussi bien que l’écriture, elle aussi, est un organisme, car nous voyons l’écriture se modifier à travers les âges, sans qu’aucun de nous en particulier ait une action bien sensible sur son développement. On pourrait dire que le chant, la religion, que le droit, que tout ce qui compose la vie humaine forme autant d’organismes.
Si l’on prend la nature dans le sens le plus large, elle comprend évidemment l’homme et les productions de l’homme.
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Michel Bréal Essai de Sémantique

Un pays où il serait interdit d’innover, retirerait à son langage toute chance de se développer. Par néologisme, il faut entendre aussi bien un sens nouveau donné à un mot ancien qu’un vocable introduit de toutes pièces. De même que le changement qui modifie la prononciation est à la fois imperceptible et constant, à tel point que l’étranger qui revient dans un pays après trente ans d’absence, peut apprécier la marche du temps, de même la signification des mots se transforme sans cesse, sous l’action des événements, des découvertes nouvelles, des révolutions dans les idées et dans les mœurs.
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Michel Bréal Essai de Sémantique

Il nous reste à parler du mode où l’élément subjectif se montre le plus fortement : l’impératif. Ce qui caractérise l’impératif, c’est d’unir à l’idée de l’action l’idée de la volonté de celui qui parle. Il est vrai qu’on chercherait vainement, à la plupart des formes de l’impératif, les syllabes qui expriment spécialement cette volonté. C’est le ton de la voix, c’est l’aspect de la physionomie, c’est l’attitude du corps qui sont chargés de l’exprimer. On ne peut faire abstraction de ces élémens qui, pour n’être pas notés par l’écriture, n’en sont pas moins partie essentielle du langage.
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