Résumé

Ernest Muret Les noms de lieu dans les langues romanes… (1930)

Quand on sait par expérience combien il est souvent difficile de réunir tous les éléments d'information qui concernent un seul nom, on hésite à s'aventurer hors du champ d'exploration qu'on s'est choisi par goût ou par occasion. Cependant il y a, dans les noms de lieu de notre Europe et des pays d'outremer colonisés par les Européens, un mélange tellement inextricable de plusieurs langues anciennes
et modernes qu'on n'en connaît jamais assez et qu'on est souvent obligé, pour y voir clair, de recourir aux lumières d'autrui.
Source : Gallica

Ernest Muret Les noms de lieu dans les langues romanes… (1930)

Si la toponymie romaine était aussi familière à nos bacheliers que la grammaire latine, il serait loisible de s'y référer. Mais, comme le latin vulgaire, il faut, pour la bien connaître, recourir à des textes de basse époque et aux langues modernes. Combien de noms authentiquement romains ne sont parvenus jusqu' à nous que dans des documents du moyen âge ou des mentions encore plus tardives !
Toute langue s'enrichit de mots nouveaux par des créations qu'elle tire de son propre fonds et par des emprunts au dehors. Il n'en est pas autrement de la langue toponymique et de toute l'onomastique.
Source : Gallica

Ernest Muret Les noms de lieu dans les langues romanes… (1930)

Quand une langue étend son empire sur des régions d'une autre langue ou d'un autre dialecte, les noms de lieu y sont incorporés, assimilés, et en partagent désormais les destinées.
Ainsi, dans l'antiquité des noms grecs, étrusques, ligures, gaulois, ibériques ; à partir des grandes invasions des noms germaniques, slaves, arabes ou turcs ; à partir des grandes découvertes maritimes des noms américains, océaniens, asiatiques, africains, ont été accueillis en latin ou dans les langues romanes. En roumain les éléments latins sont noyés sous les éléments étrangers.
Source : Gallica

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