Eugène Manuel,
Poèmes populaires...
(1872)
“ Car tu dois rire, quand tout manque, Sombre gaîté du saltimbanque ! Il pend un crêpe à tes grelots ! Ta grimace contre nature Cache souvent une torture Et dissimule des sanglots! III Près d'un fossé, dans la montée, La Caravane est arrêtée Sur un grand chemin tout poudreux. Depuis la dernière bourgade, Le vieux saltimbanque est malade : L'œil est terne et le pouls fiévreux. On dételle la maigre rosse Qui dix ans tira le carrosse, Et jeûne aussi les mauvais jours. La troupe est sur pied; tout s'agite; Les pauvres gens, cela meurt vite! ”
