Résumé

A. Matthey Le pendu de la Baumette. Le mariage du suicidé… (1881)

M. Aubertin était rouge de colère.
— Connaissez-vous madame ? dit-il au bohémien, qui semblait seul en dehors de la question et gardait son sang-froid imperturbable.
— C'est la première fois que je la vois.
Renée avait repris son sérieux, et sa bouche, comme ses yeux, n'exprimait plus qu'un dédain ironique.
— Mon pauvre homme ! dit-elle, je suis désolée de l'ennui qui vous est causé par ma faute. Qui êtes-vous ?
Que faites-vous?
— Je suis Sarde. Je joue de la mandoline, ma femme prédit l'avenir, et ma fille danse sur la corde.
Source : Gallica

A. Matthey Le pendu de la Baumette. Le mariage du suicidé… (1881)

Renée avait changé toutes ses façons.
Au lieu de la réserve fière qu'elle lui avait montrée, jusque-là, dans tous leurs tête-à-tête et qui était devenue presque de la froideur, à son arrivée à la Baumette, lorsque l'abbé Poitou était en tiers, maintenant, devant le monde, elle manifestait une grande joie, devenait caressante avec lui, et d'autant plus,
qu'il y avait plus de témoins, de telle sorte que tout le monde disait : — C'est que vraiment ils ont l'air de s'adorer !
Paolo y vit la preuve de son amour et d'un certain enfantillage, qui ne lui déplut pas.
Source : Gallica

A. Matthey Le pendu de la Baumette. Le mariage du suicidé… (1881)

Elle porta la main à son front, d'un geste brusque, comme si elle recevait un coup de bâton sur le crâne, et ses cheveux blancs, dénoués par la secousse, entourèrent, comme d'un suaire, son maigre visage, on les ravages de la douleur, se mêlant aux ravages produits par le temps, recreusaient les rides et les sillons de l'âge.
— Ainsi. toi, un amant? Toi, ma fille, qui ne m'as pas quittée, en qui j'avais mis tout mon espoir, que j'adorais, que je regardais comme un ange de pureté. Mais, voyons, j'exagère. Tu aimes quelqu'un, tu aimais quelqu'un avant de connaître ton mari.
Source : Gallica

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