A. Matthey

Élements biographiques

A. Matthey La revanche de Clodion (1879)

Me Steinbach avait dû, devait rêver un mariage brillant pour son fils, devait avoir pour lui de l'ambition. Et Georgette ne pouvait être un parti qu'aux yeux d'un homme qui mettrait, au-dessus des considérations du monde, la pitié pour une jeune fille injustement frappée; qui chercherait, dans le mariage de son fils, non pas des satisfactions d'amour-propre et d'intérêt, mais le bonheur qu'une femme de cœur et d'esprit, dévouée, courageuse, aimante, peut procurer à l'homme qui lui confie son existence et lui remet celle de ses enfants.
Source : Gallica

A. Matthey Le pendu de la Baumette. Le mariage du suicidé… (1881)

Elle porta la main à son front, d'un geste brusque, comme si elle recevait un coup de bâton sur le crâne, et ses cheveux blancs, dénoués par la secousse, entourèrent, comme d'un suaire, son maigre visage, on les ravages de la douleur, se mêlant aux ravages produits par le temps, recreusaient les rides et les sillons de l'âge.
— Ainsi. toi, un amant? Toi, ma fille, qui ne m'as pas quittée, en qui j'avais mis tout mon espoir, que j'adorais, que je regardais comme un ange de pureté. Mais, voyons, j'exagère. Tu aimes quelqu'un, tu aimais quelqu'un avant de connaître ton mari.
Source : Gallica

A. Matthey Cherchez la femme (1883)

Il m'aime, – poursuivit-elle, – non parce que je suis Henriette, – c'est-à-dire une certaine femme ; – mais parce que je suis sa femme ; parce que je suis jolie ; parce que je lui fais honneur et parce que je flatte sa vanité ; – enfin, il m'aime réellement, passionnément, autant que sa nature le comporte, comme de juste.
– Et cet amour ne t'a jamais touchée, amollie, conquise à lui, ne fût-ce que pour quelques heures ?
– Jamais ! – Il ne sait pas m'aimer. – Il m'ignore absolument. – De moi, il ne comprend, il ne devine rien. – Il est l'homme peut-être à qui je suis la plus étrangère.
Source : Gallica

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