A. Matthey

Résumé

A. Matthey La fête de Saint-Rémy (1886)

Jean Mêlier comptait les minutes, se disant :
« Chaque minute qui s'écoule nous rapproche de celle de la séparation. »
Les amoureux sont ainsi faits que l'idée de la séparation jette son angoisse à la joie de l'arrivée.
Jeanne se disait :
« Il faut parler. »
Et Jérôme lui-même, après un premier moment d'ivresse paternelle, sentait sa joie diminuer et s'en aller, son cœur se mettre à l'unisson de ces deux cœurs qui souffraient.
Enfin, quand la Simone, devenue silencieuse, se leva pour débarrasser la table, il y eut comme une douleur qui s'empara de tous.
Source : Gallica

A. Matthey La fête de Saint-Rémy (1886)

Dam ! on a beau être une honnête fille et savoir qu'une autre a le cœur d'un joli garçon, les lèvres de ce joli garçon n'en font pas moins leur effet.
Claude avait relevé la tête, et ses yeux rencontrèrent le regard singulier du père Jérôme fixé sur lui.
— Oh! oh! pensa Claude, le vieux est ivre! Est-ce que le chagrin le pousserait à la boisson? Ce serait ennuyeux. Les ivrognes parlent trop... et je n'ai pas besoin qu'il débine la Thérèse dans tout le pays. C'est comme Jean Mêlier... en v'là encore un à qui il serait urgent de clore le bec... de façon à ce qu'il ne s'ouvrît plus... jamais.
Source : Gallica

A. Matthey La fête de Saint-Rémy (1886)

Vineuil ce soir, la France demain, l'univers les jours suivants, parleraient de lui.
Cela donne le droit d'élever la voix.
Il l'éleva si bien que le bruit attira le brigadier qui veillait au maintien des bonnes mœurs et à la décence des allures, en ce jour de fête arrosé de trop nombreuses libations.
— Eh bien, qu'est-ce que c'est? demanda le gendarme, de cette grosse voix qui porte la terreur dans les consciences timorées.
— Ah! monsieur Larchant! s'écria Ginglet en l'apercevant; — venez vite, vite... avec monsieur le maire, les pompiers, mon parrain... tout le monde...
Source : Gallica

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