Laure Conan,
La Sève immortelle
“ Il ferma les yeux pour s’endormir et revit le départ de « La Marie »... la France qui s’en allait avec la lumière et la beauté du jour, et une noire tristesse l’envahit. — L’homme n’a que des rêves, murmura-t-il, se répétant la parole de Lévis. Mais, à cette amère pensée, un lointain souvenir de sa mère se mêla. Il la revit, jeune, rieuse, regardant de floconneuses graines que le vent emportait : — Regarde, mon petit Jean, lui avait-elle dit, en l’enlevant dans ses bras, regarde ces graines ailées ; le vent va les prendre et les porter où Dieu veut voir un peuplier. ”
