Résumé

Cécile Gilson Celles qui sont restées

Madeleine. — Je n’étais venue ici que pour vous donner de la joie !
François. — De la joie !
Madeleine. — Je ne voulais pas vous faire du mal, François, je vous le jure !
François. — Voyez-vous, vous n’avez pas compris, c’est tout. Il ne faut pas vous chagriner ! Non, vous avez voulu bien faire ! C’est votre sainte bonté. C’est vrai que vous n’avez jamais rien fait que de tendre et de bon. C’est moi... c’est moi. Mais c’est fini. Pardonnez-moi, Madeleine ! Je n’attenterai plus à notre divin amour. Oh ! non, non, je ne verrai plus jamais ce petit visage d’effroi... jamais ! jamais !
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Cécile Gilson Celles qui sont restées

Mais un autre jeu déjà l’attire, aussi beau que les baisers. Pour ces petits, l’amour n’est qu’un jeu de poupée... Mika l’a bien dit : Jouons aimer !
Maintenant, va ; monte rejoindre Miss. Sois bien sage ! Et n’oublie pas d’abord d’aller embrasser Grand’Mère...
Mika, le jeu, l’amour, tout est parti. Voilà que je me sens seule, seule dans une aridité de désert... Les salons somptueux et froids de ma belle mère me raidissent l’âme. Il pleut au dehors : gris le ciel, grise la terre, grise la pluie qui tombe... mon cœur est gris...
— Jules, faites allumer du feu, un grand feu...
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Cécile Gilson Celles qui sont restées

Je veux me donner à vous, frère chéri, pour que notre union soit absolue et parfaite...
François a écouté, le visage caché dans ses mains, tremblant de violence et de détresse. Quand il parle, les mots semblent chassés, comme des feuilles d’orage, par son souffle haletant. — Madeleine... je vous remercie... je vous remercie, Madeleine... vous dites des mots merveilleux... oh oui... des mots terribles et merveilleux...
Madeleine. — Des mots très simples. Qu’y répondez-vous ?
François. — Que vous vous trompez... ce sont de beaux mensonges... Vous vous trompez. L’amour, c’est autre chose.
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