Résumé

Portrait de Paul Drouot Paul Drouot Eurydice deux fois perdue

Mon amour, combien de fois je vous ai mis au monde !
* * * Elle se croit en retard, elle court ; son cœur d’enfant l’étrangle ; elle renverse la tête ; son épaule s’arrondit, se gonfle comme une aile ; elle aspire tout l’air, toute l’ombre, chancelle, frémit, court.
Elle a dépassé la grille.
Elle s’arrête ; elle n’est pas sûre que ce soit un arbre, cette forme immobile. Elle se penche, elle rattache son soulier d’argent. Elle jette en arrière un regard furtif. Elle cherche, autour d’elle, les chiens, les chasseurs. Ses yeux s’accrochent aux choses avec désespoir ; la respiration lui manque.
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Portrait de Paul Drouot Paul Drouot Eurydice deux fois perdue

Où est-il le cœur qui espère, plein, comme une forêt, de déchirures vertes ?
* * * À l’heure où l’ombre d’une feuille tombe sur l’autre et que chaque arbre est vert et noir.
* * * Récapitulons : je suis libre, j’ai la froide, la sacrilège, j’ai la brutale liberté, la liberté qui tue les âmes.
* * * Le bonheur, c’est de sentir le bonheur, d’imaginer toutes les possibilités de bonheur ; c’est de regarder dans la maison du bonheur sans en chercher l’entrée.
* * * Et la douleur court dans la chair comme une aiguille dans l’étoffe.
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Portrait de Paul Drouot Paul Drouot Eurydice deux fois perdue

Le ciel est semblable à une litière de paille. Adieu le noble ciel, ces blocs d’azur l’un sur l’autre entassés sans qu’on en voie jamais le joint. On ne voit rien. Parfois il se déchire, et l’on aperçoit un toit qui luit comme la mer avant l’orage. Dans une ferme, au loin, on entend glougloter un dindon ; on frissonne ; c’est le crépuscule pareil à la mort d’un malade ; et la feuille qui va tomber sent qu’elle ne tient plus qu’à peine.
Un bruissement de feuilles très espacé, un chuchotement à ras de terre : le ruisseau qui se reforme, la peine qui reprend le chemin du cœur.
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