Résumé

Portrait de Armand de Pontmartin Armand de Pontmartin Les Corbeaux du Gévaudan, par A. de Pontmartin (1883)

Susanne ! Susanne !
– Quoi donc ?
– J'ai fait un rêve... Tu n'as pas vingt ans... Tu es belle !.. Il est impossible que ta vie soit finie, que tu te condamnes à rester éternellement ici et à vieillir sans amour... Simon est mort ; Jacques... Jacques est loin. Personne, dans ce pays de malheur, ne songera à t'épouser... Veux-tu donc vivre toujours seule, errante, traitée d'innocente par les uns, de fadette par les autres, objet de pitié pour tous ! Ces lieux, où tout te rappelle tes souffrances, doivent te paraître exécrables comme à moi...
Source : Gallica

Portrait de Armand de Pontmartin Armand de Pontmartin Les Corbeaux du Gévaudan, par A. de Pontmartin (1883)

Ma vie est finie, la sienne commence. Elle n'a pas aimé Simon Vernou, parce qu'elle m'aimait ; mais, moi dégradé, mendiant, absent, qui me dit que, dans trois ou quatre ans, Susanne n'en aimera pas un autre ?. Comprenez-vous cela ? Cette beauté, ce visage, cette âme se donnant à un autre ? Oh ! alors, plutôt le pain de la prison, le banc des accusés, le boulet des forçats, le couteau de la guillotine, plutôt les phrases de ce procureur du roi qui m'entrent dans le coeur comme un cent d'aiguilles frottées de poison, plutôt tout cela que cette nouvelle souffrance !...
Source : Gallica

Portrait de Armand de Pontmartin Armand de Pontmartin Les Corbeaux du Gévaudan, par A. de Pontmartin (1883)

Au même instant, Susanne se retourna encore
une fois vers lui, et, l'étreignant d'un regard :
– Ah ! tu ne veux rien dire ? s'écria-t-elle avec exaltation ; eh bien, les corbeaux parleront... les corbeaux ont parlé ! Tu sais ?... « Si c'étaient les mêmes !... Simon !... » C'étaient les mêmes, entends-tu... les mêmes !...
Et, avec une étonnante fidélité de souvenirs, Susanne se mit à contrefaire le geste de Perondi montrant les corbeaux au fermier, l'attitude terrifié de Costerousse, le mouvement de colère et d'effroi avec lequel il avait fermé la bouche à son valet.
Source : Gallica

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