Pierre Véron

Résumé

Pierre Véron Les pantins du boulevard (1868)

Rien de plus aisé : comme Sosie, il est volontiers ami de tout le monde.
Par exemple, il est envers tout le monde de la même franchise, ce dont quelques-uns s'offensent quand ils devraient le remercier.
De quels écueils ne préserverait-il pas, si on l'écoutait!
Au parvenu qui se chamarre de bijoux et toise le passant du haut de ses arrogances millionnaires, il dirait que ces splendeurs de mauvais aloi trahissent, au lieu de la cacher, son humble origine ; que l'arrogance est le synonyme de petitesse, et que ceux qui regardent de haut sont d'ordinaire ceux qui sont partis de bas.
Source : Gallica

Pierre Véron Les pantins du boulevard (1868)

Au gandin en quête d'excentricités, il dirait qu'il n'a pas besoin d'aller à la montagne du ridicule, puisque la montagne vient à lui d'ellemême.
Au vieillard qui rêve une union trop tardive, il ferait comprendre que l'on n'accouple pas l'hiver au printemps, et que ses rides sembleront plus profondes à côté d'un frais visage de vingt ans.
A l'avare que sa passion consume, il conseillerait de jouir d'une fortune autour de laquelle rôde la mort donnant le bras à un héritier.
Ah ! si on voulait l'en croire, il en dirait encore bien d'autres, mon ami.
Source : Gallica

Pierre Véron Les pantins du boulevard (1868)

A peine le tyran a-t-il ouvert la bouche, fût-ce pour dire une monstrueuse bêtise, que la bande des claqueurs tout entière murmure avec des intonations idolâtres :
— Mais c'est charmant. Plein d'esprit ! Comment fait-il pour mettre ainsi du sel dans ses moindres mots?
Là-dessus, les gazettes, car la presse est naturellement aussi à sa dévotion, de s'en aller colporter avec amour telle ou telle réplique absolument idiote.
On fait mieux. Lorsque le tyran ne dit rien, on lui fabrique des mots qu'ensuite on propage en les lui attribuant. Et les claqueurs applaudissent toujours.
Source : Gallica

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