Résumé

Charles Deulin Contes d'un buveur de bière

Et le soir il alla se promener devant le palais, vêtu de son manteau rouge. Il n’y avait qu’une seule fenêtre d’éclairée au premier étage. Une ombre se dessinait sur les rideaux. Jean, qui avait des yeux d’émouchet, reconnut l’ombre de la princesse.
« Je souhaite, dit-il, d’être transporté dans la chambre de la princesse Ludovine. » Et il y fut.
La fille du roi était assise devant une table, en train de compter des florins qu’elle tirait de la bourse inépuisable.
« Huit cent cinquante, neuf cents, neuf cent cinquante...
— Mille ! fit Jean. Bonsoir la compagnie. »
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Charles Deulin Contes d'un buveur de bière (1934)

Grâce à Culotte-Verte, la rue Neuve avait toujours le plus beau feu : car l'Homme-sans-peur, à la tête de sa bande, enlevait le bois des autres quartiers, et en faisait un feu tel que les gens de Fresnes et de Macou accouraient en toute hâte, croyant que Condé était en flammes.
Tous les dimanches et les lundis, il passait sa soirée chez la mère Boucaud, à jouer aux cartes pour des crêpes, qu'on appelle chez nous des aliettes : il buvait sa canette de petite bière, fumait sa pipe et donnait de grands coups de poing sur la table, comme un homme.
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Charles Deulin Contes d'un buveur de bière (1934)

Jean du Gogué qui, de sa vie vivante, ne s'était garni la panse que de pétotes, autrement dit de pommes de terre, n'avait qu'un désir au monde : c'était de manger de l'oie. Or, il existe, à quatre lieues de là, en tirant devers Condé, un village où l'on voit de si magnifiques troupeaux d'oies, qu'il n'est bruit, dans tout le pays, que des osons d'Hergnies.
« Quand je serai grand, disait le Ninoche, j'irai à Hergnies et je mangerai de l'ôson. »
De fait, un soir d'automne, il planta là ses vaches et partit
sans tambour ni trompette.
Source : Gallica

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