Charles De Coster

Charles De Coster

Résumé

Portrait de Charles De Coster Charles De Coster La Légende d’Ulenspiegel

Saignes-tu, meurtrier ? Dieu est juste. Les cloches des morts. Betkin m’appelle à la revanche. Sens-tu les dents, c’est la gueule de Dieu !
Et elle le mordait sans cesse ni pitié frappant du gaufrier quand elle n’en pouvait mordre. Et à cause de sa grande impatience de revanche elle ne le tuait point.
— Faites miséricorde, criait le prisonnier. Ulenspiegel, frappe-moi du couteau, je mourrai plus tôt. Ôte cette femme. Casse les cloches des morts, tue les enfants qui crient.
Et Toria le mordait toujours, jusqu’à ce qu’un homme vieux ayant pitié, lui prit des mains le gaufrier.
Source : Wikisource

Portrait de Charles De Coster Charles De Coster La Légende d’Ulenspiegel (1868)

Oserais-tu dire que tu es gueux, vrai gueux qui résiste aux placards & à l'Inquisition?
Les cendres de Claes battirent sur la poitrine d'Ulenspiegel.
— Je suis gueux, dit-il, je veux voir morts & mangés des vers les oppresseurs des Pays-Bas. Tu me regardes, chérie. Ce feu d'amour qui brûle pour toi, mignonne, est feu de jeunesse. Dieu l'alluma, il flambe comme luit le soleil, jusqu'à ce qu'il s'éteigne. Mais le feu de vengeance qui couve en mon cœur, Dieu l'alluma pareillement. Il sera le glaive, le feu, la corde, l'incendie, la dévastation, la guerre & la ruine des bourreaux.
Source : Gallica

Portrait de Charles De Coster Charles De Coster La Légende d’Ulenspiegel

On était pour lors en juin, vers la fin de l’été, quand le soleil déjà roussit les feuilles des marronniers, que les oiselets chantent dans les arbres & qu’il n’est ciron si petit qui ne susurre d’aise d’avoir si chaud dans l’herbe.
Lamme errait à côté d’Ulenspiegel par les rues d’Anvers, baissant la tête & traînant son corps comme une maison.
— Lamme, dit Ulenspiegel, tu brasses mélancolie ; ne sais-tu donc point que rien ne fait plus mal à la peau ; si tu persistes en ton chagrin, tu la perdras par bandes. Et ce sera une belle parole à entendre quand on dira de toi : Lamme le pelé.
Source : Wikisource

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