“ J’avais posé pour Nele, chez un sculpteur qui m’en avait expliqué le caractère pour la pose à prendre, mais je n’avais eu de cesse que lorsque j’eus lu le gros livre et que j’eus bien compris Nele et son adorable amour. Le jeune homme disait :— Ulenspiegel aimait Nele, mais il aimait la Flandre avant tout, c’est-à-dire l’idée, et il sacrifia son amour. Il partit à la recherche des Sept qui devaient sauver la Flandre... Quand un homme veut combattre pour ses idées, il ne doit pas s’encombrer de femme, dit mon père, un homme qui a une femme est mort pour la cause. ”
Citations sur “Nele”
Charles De Coster,
La Légende d’Ulenspiegel
(1868)
“ Et Ulenspiegel dit à Nele : — Une teinte grise se répand sur le ciel & sur la mer. Les lanternes ne brillent plus que faiblement, l'aube se lève, le vent fraîchit, les vagues jettent leur écume par-dessus le pont des navires, une forte pluie tombe & cesse bientôt, le soleil se lève radieux, dorant la crête des flots : c'est ton sourire, Nele, frais comme le matin, doux comme le rayon. Les vingt-deux affabres passent; sur les navires des Gueux les tambours battent, les fifres glapissent; de Lumey crie : « De par le prince, en chasse! » ”
Édouard Rod,
Revue des Deux Mondes
“ Elle est désespérée, et la rivière coule à deux pas, derrière le verger, si froide, dit-on, que la mort est immédiate. Donc, Nennele mourra. Mais, dans la chambre qu’il lui faut traverser pour sortir, son père veille, comme toutes les nuits, sans qu’elle le sache, faisant pour les siens l’unique effort dont il est capable : travaillant, abattant des besognes supplémentaires qui leur vaudront un peu plus d’aisance. ”
Léon Feugère, Morceaux choisis des prosateurs et poètes français à l'usage des classes élémentaires (1855)
“ Le pays s'embellit et prend une forme qui charme les yeux de Nélée. Il n'est plus occupé que d'un seul soin, qui est que les divertissements se succèdent toujours les uns aux autres, et qu'il n'y ait pas un seul moment où ses sens ne soient agréablement charmés. Plus il goûte les plaisirs, plus il les souhaite ardemment. ”
Bernard Lopez, Les beautés de la cour : comédie-vaudeville en deux actes (1849)
“ NELLY. Oui, Marquis, c'est un conte. et je suis accourue en toute hâte de ma villa de Richemond. SAINT-EVREMOND. Comment, avec votre pénétration ? NELLY. Ma pénétration ne m'a servi. qu'à pénétrer dans le bal !.. et qu'est-ce que j'aperçois? Charles II dansant un menuet. SAINT-EVREMOND. Je crois bien, Charles Il se porte comme le pont de Londres. NELLY. Il n'est pas blessé du tout? SAINT-EVREMOND. Pas le moins du monde! Ne comprenez-vous pas que vous avez été attirée dans un piège. et que ce sont vos rivales?.. B. St-Ev. N. St-Ev. NELLY. Les grandes dames?.. Oui, je m'en doutais. ”
Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit/Édition 1920
“ LA TOUR DE NESLE Il y avait à la tour de Nesle un corps-de-garde auquel se logeait le guet pendant la nuit.Brantome. « Valet de trèfle ! — Dame de pique ! de gagne ! » Et le soudard qui perdait envoya d’un coup de poing sur la table son enjeu au plancher. Mais alors messire Hugues, le prévôt, cracha dans un brasier de fer avec la grimace d’un cagou qui a avalé une araignée en mangeant sa soupe. — « Pouah ! les chaircuitiers échaudent-ils leurs cochons à minuit ? Ventre dieu ! c’est un bateau de feurre qui brûle en Seine ! » ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Un prêtre marié
“ Le calme, quand il est auguste, a toujours cassé les bras à la violence. Néel fut dompté par la douceur du prêtre. Ses mains qui l’étreignaient, tombèrent... Alors l’abbé lui raconta de point en point ce qui s’était passé depuis son absence. Néel, le fougueux Néel, écouta dans le denier degré de la surprise et presque de l’effroi, de l’effroi qui tua en lui toute colère, le récit du curé, dont les révélations surnaturelles concordaient si bien avec ce qu’il savait, lui, Néel, et ce que dans le monde entier il savait seul !... ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Vous allez entrer dans un monde où l'un et l'autre sont trop souvent outragés. Puissiez-vous demeurer toujours ce que vous êtes à cette heure, Nélida, un coeur pur, rempli des choses du ciel! Recevez en ce moment bien douloureux pour moi, et en recueillant toutes les puissances de votre âme, la bénédiction du Seigneur que je vais appeler sur vous et sur votre avenir.La religieuse se leva; puis, avec un geste d'une majesté triste et lassée, comme une reine qui vient d'abdiquer, elle étendit sur Nélida noyée dans les pleurs sa main émue, et la bénit au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit... ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ GRÂCE. Oh ! je t’en prie, ne dérange pas ton mari pour nous... CLAUDE. Je suis confus... madame... vos bontés... SUZANNE. Rien n’est plus naturel. (Nelly entre par la porte de la salle à manger.) NELLY, (remettant les cartes à sa mère.) Maman, voilà. SUZANNE. Bien, ma chérie. NELLY. Tu vois, c’est bien écrit. GRÂCE. C’est ta fille ? Oh ! comme elle est grande et jolie !... Tu permets que je l’embrasse ? Vous voulez bien, mademoiselle, que je vous embrasse ?... Comment s’appelle-t-elle. NELLY. Nelly, madame. CLAUDE. Mademoiselle est charmante... ”
Henri Meilhac,
Théâtre de campagne. Troisième série…
(1878)
“ NELLY Il existe, milord, une autre lady Jane ! C'est votre ambition, c'est la gloire qui plane, Comme un oiseau divin, devant vos yeux, toujours; C'est l'amour du pouvoir, le plus grand des amours! Oui, lady Jane existe et serait ma rivalfe, Et la lutte entre nous ne serait pas égale. LORD EDWARD Tu te trompes, enfant : un homme peut avoir L'amour de la famille et l'amour du pouvoir ; Sa femme dans son cœur gardant tout l'avantage, Il peut se partager... NELLY C'est cela : le partage ! LORD EDWARD Et, d'ailleurs, ce pouvoir dont ton cœur s'effraîrait, Je ne l'ai plus, Nelly... ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Cette inspiration la calma ; et Nelly alla se mettre au lit avec le cœur soulagé. Ses rêves, pendant son sommeil, promenèrent son esprit au sein d’espaces lumineux, à la poursuite d’un but vague et insaisissable qui reparaissait toujours. Quand Nelly s’éveilla, elle trouva la nuit déjà avancée ; les étoiles brillaient sur la voûte du ciel. Enfin, le jour commença à luire, et les étoiles pâlirent peu à peu. Aussitôt l’enfant se leva et s’apprêta pour le départ. Le vieillard dormait encore : ne voulant pas le troubler, Nelly le laissa sommeiller jusqu’au moment où le soleil parut. ”
Frederick Douglass,
Mes années d’esclavage et de liberté
(''Life and Times of Frederick Douglass'')
“ Nellie, la femme sur laquelle allaient s’exercer les cruautés dont il s’agit, appartenait, non au Captain Aaron, mais au colonel Lloyd. Épouse d’un des matelots les plus appréciés du sloop, blanche ou peu s’en faut, elle était mère de cinq enfants. — Son crime ? Impudence. — Mot élastique, sujet à cent définitions, à cent applications, aussi arbitraires que l’arbitraire caprice du supérieur. Un regard, un geste, un sourire, une intonation, un soupir : Impudence ! — Or, on comprend ce qui s’ensuit. Spirituelle, fière, énergique, Nellie avait dans les veines, même sang que le colonel. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Un prêtre marié
“ Néel, lui, ne pensait déjà plus qu’à sa chère Pâle, à sa chère Pâle idolâtrée, qui était là, à deux pas de lui dans l’espace, mais dans le cœur de laquelle il ne ferait point un pas, un seul pas de plus ! Ce visage de neige, placé si près du sien, et qui enflammait l’air pour lui au lieu de le glacer, il n’en approcherait donc jamais ses lèvres altérées ! Et cette pensée ne le faisait pas bondir, l’impétueux Néel ! mais l’abattait plutôt ! Il était épuisé de violences vaines. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ À la brillante clarté du matin, mais plus souvent à la douce lueur du soir, Nelly, respectant les courtes et heureuses entrevues des deux sœurs, trop courtes pour lui permettre de s’approcher et de risquer un mot de remerciaient, bien qu’elle en brûlât d’envie, Nelly les suivait à quelque distance dans leurs promenades au hasard, s’arrêtant lorsqu’elles s’arrêtaient, s’asseyant sur le gazon quand elles s’asseyaient, se levant quand elles se levaient, et trouvant une compagnie et un véritable charme à se sentir si près d’elles. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Ce fut ainsi que désormais chaque jour, et durant la journée entière, il attendit Nelly sur son tombeau. Que de fois dans la vieille, sombre et silencieuse église, il vit se dresser devant lui les brillantes visions de ce qu’avait été Nelly, de ce qu’il espérait qu’elle pouvait redevenir encore : ces tableaux d’excursions nouvelles dans de belles campagnes, de haltes pittoresques sous le ciel tout ouvert, d’allées et venues à travers les champs et les bois ; ces accents de la voix toujours vivante dans son souvenir ”
John Henry Newman, Callista, scènes de l'Afrique chrétienne au IIIe siècle… (1859)
“ En vain le cherche-t-on au Forum, au Champ de Mars, au Cirque, aux Bains. Est-il atteint de la peste ? Souffre-t-il d'un coup de soleil ? Nenni. Les chrétiens l'ont dans leurs griffes : voilà le mot de l'énigme. Jeunes et vieux, riches et pauvres, la dame dans sa litière et l'esclave qui la porte, la jeune vierge et les Lydia des Thermes, tout leur convient. Plus de confiance possible ; personne sur qui l'on puisse compter. J'entre chez mon tailleur : « Nergal, lui dis-je, Nergal, il me faudrait une tunique neuve... » ”
Georges Bell,
Études contemporaines. Gérard de Nerval…
(1855)
“ Tout cela est-il vrai? ou bien n'est-ce qu'une histoire, comme tant d'autres, où la réalité vient sans cesse se mêler à la fiction? Je ne sais. Toujours est-il que ces noms de Sylvie et d'Adrienne reviennent sans cesse sous la plume de Gérard de Nerval, qu'il ne pense qu'à elles en allant revoir son cher pays de Valois, et que jamais il n'a écrit le nom de Jenny Colon. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Un prêtre marié
“ Néel les a traversés pour moi. Il est venu à moi presque malgré lui, car dans les commencements il était comme les autres, il nous méprisait ! Et il s’est pris d’amour pour la fille dont personne, — personne au monde, — n’aurait voulu. Ah ! les chevaliers se reconnaissent toujours ! Il y avait de la chevalerie dans cet amour de Néel pour moi, fille de paysan et de prêtre. ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Vous l'aimerez, mon enfant, reprit le confesseur. Vous êtes trop sage et trop bien née pour qu'il en puisse être autrement; vous lui saurez gré du rang honorable que vous occuperez par lui dans la société et des agréments de votre vie nouvelle. S'il a des défauts, qui n'en a pas? vous les supporterez avec résignation, parce que vous êtes chrétienne, et vous vous efforcerez, par votre douceur et vos prières, de l'en corriger.Nélida demeurait muette; qu'aurait-elle pu répondre? que savait-elle de la vie et de l'amour? Le père Aimery parla longtemps encore. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le cliquetis de la serrure éveilla un bruit sourd ; et quand Nelly entra dans l’église d’un pas chancelant, l’écho qui y retentit la fit tressaillir. Tout ce qui se produit dans notre vie, soit en bien, soit en mal, nous frappe par le contraste. Si le calme d’un simple village avait ému l’enfant d’autant plus vivement qu’elle avait été obligée, pour y arriver, de traverser, sous le poids de la fatigue et du chagrin, des chemins noirs et rudes, quelle ne fut pas son impression lorsqu’elle se trouva seule au milieu de ce monument solennel ! ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Adieu, ma sainte chimère, ma noble espérance, adieu, ma part d'immortalité... Puissent tous les pardons du ciel descendre sur votre front pâli! Puisse la connaissance du mal que vous faites vous être à jamais épargnée!... Adieu.—Vous ne partirez pas seul! s'écria Nélida en se levant et saisissant le bras de Guermann... Vous ne partirez pas seul, car je vous aime!Un éclair de bonheur et d'orgueil illumina les yeux de l'artiste; les battements de son coeur s'arrêtèrent, un tremblement convulsif courut dans tous ses membres; il faillit tomber à la renverse. ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Pendant que M. Bernard lisait à son tour, Nélida, les yeux attachés sur les siens, tenant toujours sa main serrée, semblait attendre son premier regard ou sa première parole, comme un arrêt de vie ou de mort:Cinq minutes se passèrent ainsi.—Il n'y a qu'une chose à faire, madame, dit enfin cet homme froid et bon en se levant et en forçant madame de Kervaëns à se lever avec lui, qu'une chose compatible avec le respect de vous-même. Quittez l'Italie; rentrez en France; allez à la campagne, chez Claudine. Ne prenez aucun parti dans un pareil moment. Contentez-vous de vivre et d'attendre. ”
Henri-Émile Chevalier, Les Pieds-Noirs (1861)
“ Je ne pensai plus qu’à un mot, c’était Nelly — le nom de la créature. Le charme dura trois mois et aboutit à néant, las ! Il n’y eut rien de bien particulier entre nous. Elle se contenta de me dire qu’elle me détestait et qu’elle espérait que je me tiendrais à une bonne distance. Ce fut tout. Elle n’avait pas mauvais cœur, pardieu non ! Eh ! ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le vieillard saisit un des bras inertes de Nell et appuya fortement, pour la réchauffer, la petite main contre sa poitrine. C’était la main qu’elle lui avait tendue en lui adressant son dernier sourire, la main avec laquelle elle le conduisait dans toutes leurs excursions. De temps en temps il la portait à ses lèvres, puis il la pressait de nouveau sur sa poitrine en disant à demi-voix qu’elle devenait plus chaude ; et tout en parlant ainsi il regardait avec désespoir ceux qui l’entouraient, comme pour implorer leur assistance en faveur de Nelly. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Une fois Nelly vit des larmes mouiller ses paupières. Après quelques moments de marche silencieuse, le vieillard prit la main de Nelly, comme il était habitué à le faire, sans que rien dans son air trahît la violence et l’exaltation dont il était récemment animé ; et puis petit à petit, par degrés insensibles, il retomba dans son état de docilité, se laissant conduire par Nelly où elle voulait. ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Eh! sans doute, sans doute, s'écria madame d'Hespel, faites entrer tout de suite. C'est Guermann Régnier; tu te souviens bien, Nélida, le fils de la voisine qui nous envoyait de si beaux abricots de son espalier; ce doit être un grand garçon à présent que ce petit vaurien; il va se perdre sur le pavé de Paris; mais c'est bon signe qu'il vienne nous voir.Comme elle parlait encore, la porte s'ouvrit et un jeune homme d'une fort belle figure entra en saluant profondément. La vicomtesse, sans quitter sa place, lui tendit la main; il s'approcha et porta cette main à ses lèvres. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Un prêtre marié
(1864)
“ Le sang de la légère blessure de Néel était étanché. Ses cheveux mouillés encore bouclaient plus lustrés et plus beaux autour de son visage, auquel une passion naissante donnait une expression pleine de charme. Il se leva gracieusement du mur où il était étendu et, regardant avec des yeux, redevenus bleus de douceur et de tendresse, la jeune fille qui, en se penchant vers lui, s’était (à ce qu’il semblait) toute versée dans son cœur et qui l’emplissait, comme un liquide remplit une coupe : — Merci, Mademoiselle — lui dit-il avec trouble — oh ! merci et pardon ; pardon plus que merci encore ! ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Un prêtre marié
(1864)
“ Néel, le jeune taureau, comme il venait de l’appeler ! Lorsque l’imagination est vierge et qu’elle est attirée par un être incomparable à tout ce qu’on rencontra jamais, les troubles se joignent à l’ignorance pour vous abuser, et l’on aime sans savoir comme on aime. Jusque-là, Néel avait senti son amour pour Calixte sans le voir. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Dès le lever du soleil, Nelly sortit de la tente et se rendit dans les champs voisins, où elle cueillit des roses sauvages et d’autres petites fleurs, se proposant d’en faire des bouquets qu’elle offrirait aux dames en voiture, quand le beau monde arriverait. ”
Daniel Stern, Nélida; Hervé; Julien
“ Assise sur le rebord de sa fenêtre, Nélida pensive laissait errer son regard, tantôt sur la masse immobile des tilleuls dont les feuilles affaissées sous le poids de l'atmosphère orageuse penchaient vers la terre, tantôt sur les nuages qui s'amassaient, tantôt sur Claudine qui allait et venait le long d'une allée plantée de roses trémières, récitant, un cahier à la main, des vers qu'elle s'efforçait d'apprendre pour le concours. Chaque fois qu'elle passait sous la croisée de la cellule, elle s'arrêtait, regardait mélancoliquement Nélida, et lui envoyait un baiser. ”
