Résumé

Portrait de Georges Bell Georges Bell Études contemporaines. Gérard de Nerval… (1855)

Gérard de Nerval essaya vainement de lutter par le travail; sa tête se rebellait à la pensée d'écrire au jour le jour. Il lui fallait la rêverie pour produire, et la rêverie, c'était le mal dont il devait mourir. Malgré lui, d'ailleurs, ses rêves le portaient vers les bonheurs enfuis pour toujours. Artiste, il devait une fois de plus confirmer cette parole du poète : « Les artistes n'ont jamais tué de femmes, et les femmes ont tué beaucoup d'artistes. » Sa dernière oeuvre, qui restera inachevée, Aurélia, nous fait voir toutes les tortures, toutes les angoisses de ce cerveau endolori.
Source : Gallica

Portrait de Georges Bell Georges Bell Études contemporaines. Gérard de Nerval… (1855)

Jamais homme ne s'attacha plus à la femme aimée; jamais adorateur ne para mieux son idole. Pour lui plaire, Gérard de Nerval avait chaque jour quelque invention nouvelle. Il voulait que rien ne fût banal dans son amour. Tous les soirs on était sûr de le rencontrer à la même place, à l'orchestre de l'OpéraComique. Là il savourait isolément toutes les délices de son adoration. D'une timidité d'enfant, rendue plus grande encore par l'état de son coeur, jamais il n'aurait osé aborder Jenny Colon et lui dire la passion qu'il ressentait.
Source : Gallica

Portrait de Georges Bell Georges Bell Études contemporaines. Gérard de Nerval… (1855)

Et puis, si de semblables amours ont leurs douleurs, n'ont-ils pas aussi leurs charmes en eux-mêmes; et ces charmes, qui peut eu connaître l'ineffable puissance, sinon celui qui les porte dans son coeur?
Cependant Gérard de Nerval était devenu sombre et taciturne. Tout ce qu'il éprouvait était précieusement concentré en lui-même. L'amitié s'inquiéta de le voir ainsi, et on surprit plutôt qu'on n'apprit son secret. Gérard de Nerval, à cette époque, était déjà aimé par tout ce qu'il y a d'illustre dans notre littérature contemporaine.
Source : Gallica

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