Alphonse Karr,
Contes et nouvelles
“ Demain matin, quand les autres partiront en pleurnichant, jette les yeux sur la chambre aux demoiselles. — Oh ! mon Dieu, Romain, veux-tu donc te jeter à la falaise ? — Moi ? Non. On me tuera peut-être ; mais on aura de la peine, attendu que je compte me bien défendre. Pourquoi aller me battre contre les Prussiens, qui ne m’ont rien fait ? J’aime bien mieux me battre contre ceux qui veulent m’arracher à tout ce que j’aime : je me battrai bien mieux et avec bien plus de cœur. Non, certes, je ne veux pas me tuer, je veux te voir ; je veux voir la mer jusqu’à la fin. ”
