Alphonse Karr,
Contes et nouvelles
(1852)
“ Laisse-toi donc m'aimer, cher ange, et ne lutte pas ainsi avec le bonheur que le ciel nous envoie. N'as-tu pas assez donné à cet être vulgaire et inepte qui te possède sans te comprendre, qui n'a d'intelligence ni dans l'esprit ni dans le coeur , puisqu'il ne sait pas qu'il est le plus heureux des hommes ; puisqu'il ne meurt pas de son bonheur. Il te possède ! — Mon Dieu , que je le hais quand cette pensée vient me gonfler le coeur. Il a à lui tout le bonheur, toute la joie qui devait être ma part dans ce monde. Que de haine il y aurait dans mon âme, si l'amour y laissait de la place ! ”
