Résumé

René Bizet La double vie de Gérard de Nerval (1928)

Il n'y a pas un rêve, puis la vie. Il y a le rêve qui prolonge la vie, et la vie qui explique le rêve. Il y a le réel et le surréel, et quelquefois l'un n'est que le balbutiement de l'autre.
Où était-Elle? Et qui était-Elle? Car dans cette gloire flamboyante, dans cet or et ces étoiles et cet azur, il n'avait pas encore pu voir si elle était la Vierge, la Reine de Saba, Isis, ou Elle? Les trois en Elle, peut-être. Il se souvenait d'avoir déjà eu cette impression, jadis, et d'avoir
dessiné une femme géante, nimbée de sept étoiles, qui était Diane, sainte Rosalie et Jenny Colon.
Source : Gallica

René Bizet La double vie de Gérard de Nerval (1928)

J'aimerais de dire, comme eût pu le faire Gérard, que Jenny Colon n'existe pas. D'aimables mais acharnés contradicteurs me répondraient aussitôt par des dates, des actes d'état civil, des portraits, et je serais bientôt seul à m'entendre. Pourtant, du point de vue de Gérard, je suis sûr qu'elle n'est qu'une apparence... On ne saurait trop se convaincre qu'il est poète, et que tout ce qu'il raconte et même tout ce qu'il vit, n'est que la vérité, la réalité de son imagination. Il ne touche à rien qu'il ne le transforme, il ne voit rien qu'il ne l'embellisse.
Source : Gallica

René Bizet La double vie de Gérard de Nerval (1928)

Charlot vit lui aussi dans un rêve, un rêve auquel il ne veut jamais mettre le point final. Il s'en va de l'intrigue qu'il a créée, comme Gérard s'en alla de la vie, pour vivre une autre histoire.
La femme qu'il aime le comprend peu ou ne le comprend pas. Elle devine, en le voyant, extraordinaire, un poète qui lui tendra des fleurs ou des légumes, selon sa fantaisie, mais avec la même ferveur. Elle sait que son existence n'est point faite pour un tel compagnon, si bizarre dans ses caprices, mais elle ne peut s'empêcher de lui accorder, parfois, un regard tendre.
Source : Gallica

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