Octosyllabe

Définition et enjeux

Portrait de Émile Faguet Émile Faguet,  Études Littéraires; dix-huitième siècle

“ Sa strophe du Jeu de Paume est longue, lourde et pénible. Ces dix-neuf vers, dont dix alexandrins, sept octosyllabes et deux décasyllabes, combinés de telle sorte que tantôt deux alexandrins tombent sur un octosyllabe, tantôt un alexandrin sur deux octosyllabes, tantôt trois alexandrins sur un octosyllabe, tantôt un alexandrin sur un décasyllabe, ne sont pas un rythme pour une oreille française; c'est une méthode, au contraire, pour rompre continuellement le rythme à mesure qu'il commence à se dessiner, pour dérouter l'oreille dès qu'elle s'apprête à suivre une courbe mélodique. ”
Source : Gutenberg

Henri Pourrat et le "Trésor des contes"… (1988)

“ Nous avons retrouvé l'alternance de l'alexandrin et de l'octosyllabe ; mais surtout, si l'on néglige de faire ressortir par la diction la présence de l'octosyllabe, dans : « Nous ne sommes pas / de ce monde », l'accent qui tombe sur pas est imperceptible. Or c'était là le sens et la musique du conte. ”
Source : Gallica

Louis Emmanuel Brossard,  Le Correcteur typographe

“ Le vers de 8 syllabes, ou octosyllabe, est l’un des plus anciens mètres : les trouvères et les troubadours en firent un usage constant dans les romans, les contes, les fabliaux ; il convient particulièrement au genre léger, gracieux et attendrissant. N’étant plus soumis (ainsi que les suivants, d’ailleurs) à l’obligation du repos, ou césure, il acquiert une grande liberté d’allures :
1 x2xx3xxx 4xx 5xx 6x7x8
Il marchait d’un pas dégagé
Et faisait sonner sa sonnette.
On l’unit fréquemment à l’alexandrin pour former des distiques (réunion de deux vers) .
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature