Émile Faguet,
Études Littéraires; dix-huitième siècle
“ Rousseau le sent, à se sentir, sans se bien connaître. L'homme bon, la société inique; l'homme bon, les hommes méchants; l'homme né bon, devenu infâme: cette double idée, sous quelque forme qu'on l'exprime, et qu'il l'exprime, c'est la pensée éternelle de Rousseau. Et il est aisé de le croire, puisque c'est son âme même. «L'homme bon», c'est sa tendresse qui parle; «les hommes mauvais», c'est son orgueil. Il a répété cela toute sa vie, parce que, toute sa vie, son orgueil et sa tendresse n'ont cessé de parler.Mais encore comment cela est-il arrivé? Comment l'homme bon est-il devenu méchant? ”
