Résumé

Paul Albert La littérature française au dix-septième siècle (1873)

Il y a au Louvre un magnifique portrait de Bossuet par Rigault, une de ses plus belles toiles. Le prélat est en pied et semble marcher vers les spectateurs; sa haute taille se détache des plis d'un vêtement ample qui la rehausse sans l'étreindre et flotte avec une grâce sévère. La main droite qui s'avance est posée sur un livre avec un geste dominateur, comme d'un roi qui saisit son sceptre. L'attitude est d'un homme qui commande. La figure, un peu pleine par le bas, a de la noblesse et de la sérénité. Le front est haut, d'une largeur médiocre ; les yeux ne sont pas d'un penseur.
Source : Gallica

Paul Albert La littérature française au dix-septième siècle (1873)

La Rochefoucauld semble défier une femme quelconque d'oser aimer un homme comme lui. Mme de la Fayette accepta le défi. Ce fut une affection tardive, mais profonde, inaltérable, d'une douceur infinie que tous admiraient, enviaient, respectaient. Mme de Sévigné en est tout émue et comme attendrie d'un retour sur elle-même. C'est près de cette femme si sincère et d'une « divine raison » que La Rochefoucauld passa les vingt dernières années de sa vie. Mme de la Fayette se plaisait à dire que La Rochefoucauld lui avait donné de l'esprit, mais qu'elle avait réformé son cœur.
Source : Gallica

Paul Albert La littérature française au dix-septième siècle (1874)

Voilà, messieurs, la fonction de l'homme de lettres citoyen. L'utilité en fait la grandeur; elle demande un génie profond, une âme élevée, un courage intrépide ; elle suppose un sentiment plus tendre et la vertu la plus digne de l'homme, le désir du bonheur des hommes. J'aime à me peindre ce citoyen généreux méditant dans son cabinet solitaire. — La patrie est à ses côtés, la justice et l'humanité sont devant lui. Les images des malheureux l'environnent ; la pitié l'agite et des larmes coulent de ses yeux; alors il aperçoit de loin le puissant et le riche.
Source : Gallica

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