Résumé

Histoire de la langue et de la littérature française… (1896-1899)

Chez l'un, avec ces seigneurs prompts à se camper sur un pied, à faire « arser » leur épée, avec ces dames à masques et à manteaux, ces bouffons de comédie italienne, ces gueux aux loques épiques, ces bataillons aux lances fourmillantes, et ces arbres-potences ployant sous leur charge macabre, l'évocation est pittoresque, picaresque, fantastique et poétique au sens créateur du mot. Ce que Callot décrit, il l'a vu, mais il le décrit comme s'il l'avait rêvé. Rien qui donne moins l'impression de la réalité vraie que ses compositions les plus étudiées d'après nature.
Source : Gallica

Histoire de la langue et de la littérature française… (1896-1899)

Certes, pour la profondeur des vues et le relief de l'expression, Bossuet demeure supérieur, mais pour la plénitude et la solidité du fond, pour le mouvement et la chaleur, Massillon l'a plus d'une fois égalé.
Si donc il a relativement peu d'idées, il a du moins une âme de prêtre; il ressent vivement nos fautes et la folie qui nous livre à la colère de Dieu. Son indignation généreuse, sa tendre pitié s'exhalent de son cœur avec une abondance touchante. Il nous fait un portrait fidèle, effrayant, de notre état et nous en inspire l'horreur.
Source : Gallica

Histoire de la langue et de la littérature française… (1896-1899)

On chercherait vainement autour de Racine cette poussée vigoureuse de talents indépendants; il n'y a plus que des imitateurs serviles. Pour rivaliser avec le grand tragique, nul parmi eux ne tente d'apporter une formule nouvelle;, tous essaient de lutter avec lui en lui empruntant ses propres armes. Les poètes médiocres qui entouraient Racine ou qui vinrent après lui ont tous accepté la forme de la tragédie racinienne comme la forme consacrée par le succès et désormais immuable de la tragédie française, et tous ils ont jeté leurs œuvres dans ce moule commun.
Source : Gallica

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