Fénelon

Définition et enjeux

Ambroise de Grisy,  Fénelon, directeur de conscience (1875)

“ Seulement, là où Sénèque est trop souvent tendu, roide et déclamatoire, Fénelon est simple, facile, avec une nuance de douceur féminine et de mol abandon. Son style, en effet, qui est celui de la correspondance, coule de source, et se répand, comme une onde inépuisable, du fond de ce cœur né pour l'éloquence et les charmants discours. Rien ne paraît coûter à une imagination dont le propre est de se porter d'elle-même et naturellement vers la grandeur, et à qui l'idée du beau est sans cesse visible et présente. ”
Source : Gallica

Joubert,  Revue des Deux Mondes

“ M. de Beausset dit de Fénelon : « Il aimait plus les hommes qu’il ne les connaissait. »
Ce mot est charmant ; il est impossible de louer avec plus d’esprit ce qu’on blâme, ou de mieux louer en blâmant.
Fénelon laisse plus souvent tomber sa pensée qu’il ne la termine. Rien en lui n’est assez moulé.
Le style du Télémaque ressemble à celui d’Homère, mais de l’Homère de Mme Dacier.
Les pensées de Fénelon sont traînantes, mais aussi elles sont coulantes.
Fénelon nage, vole, opère dans un fluide, mais il est mou ; il a plutôt des plumes que des ailes. Son mérite est d’habiter un élément pur.
”
Source : Wikisource

Charles-Jacob Marchal,  L'urne : recueil des travaux (1843)

“ Toutes les facultés de Fénélon, portées à leur plus haut point de développement, concouraient avec une admirable harmonie à en faire un des êtres les plus complets que la nature puisse former. Une âme tendre et onctueuse s'alliait en lui à la plus inébranlable fermeté de caractère. Une imagination qui savait prodiguer des teintes brillantes sur les objets les plus ternes, qui transmutait, alchimiste puissant, de vils métaux en or pur, loin de combattre, semblait fortifier chez lui la dialectique la plus pressante et le bon sens le plus exquis. ”
Source : Gallica

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