Résumé

Joubert,  Revue des Deux Mondes

“ M. de Beausset dit de Fénelon : « Il aimait plus les hommes qu’il ne les connaissait. »
Ce mot est charmant ; il est impossible de louer avec plus d’esprit ce qu’on blâme, ou de mieux louer en blâmant.
Fénelon laisse plus souvent tomber sa pensée qu’il ne la termine. Rien en lui n’est assez moulé.
Le style du Télémaque ressemble à celui d’Homère, mais de l’Homère de Mme Dacier.
Les pensées de Fénelon sont traînantes, mais aussi elles sont coulantes.
Fénelon nage, vole, opère dans un fluide, mais il est mou ; il a plutôt des plumes que des ailes. Son mérite est d’habiter un élément pur.
”
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Joubert,  Revue des Deux Mondes

“ La fausseté d’esprit vient d’une fausseté de cœur ; elle provient de ce qu’on a secrètement pour but son opinion propre, et non l’opinion vraie.
L’esprit faux est faux en tout, comme un œil louche regarde toujours de travers.
Mais on peut se tromper une fois, cent fois, sans avoir l’esprit faux. On n’a point l’esprit faux quand on l’a sincère.
Il est des personnes qui ont beaucoup de raison dans l’esprit, mais qui n’en ont pas dans la vie ; d’autres, au contraire, en ont beaucoup dans la vie et n’en ont pas dans l’esprit.
”
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Joubert,  Revue des Deux Mondes

“ Il y a dans Platon une lumière toujours prête à se montrer, et qui ne se montre jamais. On l’aperçoit dans ses veines, comme dans celles du caillou ; il ne faut que heurter ses pensées pour l’en faire jaillir.
Il amoncelle des nuées ; mais elles recèlent un feu céleste, et ce feu n’attend que le choc.
Esprit de flamme par sa nature, et non pas seulement éclairé, mais lumineux, Platon brille de sa propre lumière.
C’est toujours de la splendeur de sa pensée que le langage de Platon se colore. L’éclat en lui naît du sublime.
”
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