Joubert, Revue des Deux Mondes
“ M. de Beausset dit de Fénelon : « Il aimait plus les hommes qu’il ne les connaissait. » Ce mot est charmant ; il est impossible de louer avec plus d’esprit ce qu’on blâme, ou de mieux louer en blâmant. Fénelon laisse plus souvent tomber sa pensée qu’il ne la termine. Rien en lui n’est assez moulé. Le style du Télémaque ressemble à celui d’Homère, mais de l’Homère de Mme Dacier. Les pensées de Fénelon sont traînantes, mais aussi elles sont coulantes. Fénelon nage, vole, opère dans un fluide, mais il est mou ; il a plutôt des plumes que des ailes. Son mérite est d’habiter un élément pur. ”
