A. Suarès, Revue des Deux Mondes
“ Le dur ennui pèse sur l’âme du Nord, quand elle doute ou qu’elle nie. Il n’est point de parfait sceptique : la sensation ne doute pas ; sentir, sur le moment, c’est croire. On ne doute qu’ensuite : l’heureux railleur du Midi ne souffre point de la contradiction ; car, tandis qu’il sent, il jouit. Le Nord, soufflant contre l’enclume, le lourd marteau au poing, se forge des rêves. Il donne moins aux sensations qu’à l’esprit. Il ne sort d’une prison que pour entrer dans une autre. Il lui faut ajouter foi aux raisons qu’il invente. L’esprit n’est tout libre que s’il entreprend contre la vie. ”
