Résumé

Antoine Malvy Pascal et le problème de la croyance (1923)

Je ne parle pas ici des vérités divines, que je n'aurais garde de faire tomber sous l'art de persuader, car elles sont infiniment au-dessus de la nature. Dieu seul peut les mettre dans l'âme, et par la manière qu'il lui plaît. Je sais qu'il a voulu qu'elles entrent du cœur dans l'esprit, et non pas de l'esprit dans le cœur, pour humilier cette superbe puissance du raisonnement, qui prétend devoir être juge des choses que la volonté choisit, et pour guérir cette volonté infirme qui s'est toute corrompue par ses sales attachements.
Source : Gallica

Antoine Malvy Pascal et le problème de la croyance (1923)

On brouille tout, si l'on perd de vue cette triple acception du mot raison. On conseille de renoncer à la raison pour croire, et l'on estime la foi plus assurée parce que la raison est humiliée et proscrite. De quelle raison parle-t-on ? Est-ce qu'il y a jamais lieu de renoncer aux principes d'éternelle vérité qui président à toute pensée ? Est-ce que le sentiment ou la volonté ou les exigences de la pratique doivent jamais, peuvent jamais les supprimer ou les faire fléchir ? Le prétendre, ce serait ôter au sentiment sa lumière, à la volonté sa règle, à la pratique son guide, à la foi sa base.
Source : Gallica

Antoine Malvy Pascal et le problème de la croyance (1923)

Le mot cœur, dans son acception morale, désigne donc ordinairement cette double aptitude de l'âme à sentir et à se déterminer par le sentiment seul. Pascal y attache quelque chose de plus : il prête au cœur la faculté d'affirmer, aptitude supplémentaire fort importante à ses yeux, puisqu'elle lui permet de croire en se passant de la raison... On peut définir la foi : l'intuition et l'affirmation, sur le seul témoignage du cœur, de ce qu'on nomme la divinité, c'est-à-dire du postulat indispensable pour expliquer et justifier ce que nous voyons de l'univers.
Source : Gallica

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