André Suarès

André Suarès

Résumé

Portrait de André Suarès André Suarès Tolstoï

Qu’une telle vie adopte ou répudie l’Art, elle en est elle-même un chef-d’œuvre ; et sa candeur apparente n’est qu’une grâce de plus, où l’Artiste divin a mis sa marque. La pensée, que n’entrave plus le lien des apparences, retrouve la même vérité, où l’illusion de l’univers est suspendue : tel un pendule oscille d’un bord du rêve à l’autre bord : et ce point fixe est, qu’en toute chose, qui compte pour l’homme, — dans la grandeur de la volonté, dans la force du fait, dans le sacrifice des saints, — toujours l’Art préside à son œuvre, et la contemple.
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Portrait de André Suarès André Suarès Tolstoï

Ce qu’elle a d’essentiel est universel, est humain, — et, par là gagnant le cœur, s’établit dans tous les hommes : la condition unique est qu’ils ne soient pas trop inégaux à l’artiste, en sensibilité. Il est donc vrai qu’un art sans clarté, sans voie directe au cœur, n’est pas viable et n’a pas de beauté. Un art inhumain est absurde, comme un art qui nie la beauté. L’utilité suprême de l’âme ne peut être méconnue : elle veut s’élever au-dessus d’elle-même. L’Art est le moyen qui l’y aide, et par là une sorte de religion. L’œuvre d’Art est une prière.
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Portrait de André Suarès André Suarès Tolstoï

On n’aura jamais assez la crainte de la médiocrité du cœur. Il est vrai : le moi puissant ramène tout à soi, ou le semble ; comme l’enfant, il est le centre de l’univers : mais admirez qu’il puisse être celui des caresses. Il y a une plus belle vertu qu’on ne croit dans l’art qu’on a de se faire aimer. Et quoi qu’en disent les roués, — qui se fait beaucoup aimer, même s’il feint de n’aimer pas, il aime. Les roués, en conduite ou en esprit, ne voient que le moindre côté des choses. Ils ne connaissent que l’amour charnel. Mais le vaste amour de l’univers, l’idée même leur en est étrangère.
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