Stefan Zweig

Stefan Zweig

Tolstoï (1928)

Résumé

Portrait de Stefan Zweig Stefan Zweig Tolstoï (1928)

Mais où trouve-t-on de la sorte, subitement, une foi, lorsque l’on n’a en soi-même pas la moindre semence de propension à la foi ? Comment devient-on, en une nuit, compatissant, bon, humble, d’une douceur franciscaine, quand, pendant cinquante ans, on n’a jugé le monde qu’avec l’œil sans indulgence de l’observateur strict, en nihiliste conscient et foncièrement rude, et quand on n’y a trouvé d’important et d’essentiel que soi-même ? Comment transforme-t-on en un tour de main cette volonté dure comme la pierre en un amour indulgent des hommes ?
Source : Gutenberg

Portrait de Stefan Zweig Stefan Zweig Tolstoï (1928)

Car il aime le corps, réceptacle de la vivante vie, surface qui sent et reflète la lumière, organe respiratoire de l'air savoureux et affluant de mille sources, enveloppe du sang à la brûlante circulation ; il laime dans toute sa chaude palpitation charnelle, comme le sens et l'âme de la vie.
Oui, lui, lanimalier le plus passionné qu'il y ait dans la littérature, il aime le corps, comme l'artiste son instrument; il aime l'être physique comme la forme la plus naturelle de l'homme et il s'aime lui-même dans son corps élémentaire plus que dans son âme fragile et parlant une langue double.
Source : Gallica

Portrait de Stefan Zweig Stefan Zweig Tolstoï (1928)

Avec une gravité implacable, avec une dureté impitoyable, lui, génie éthique exemplaire, il a fouillé son âme sans réserve aucune, pour dégager cette image primitive de sa croûte terrestre et pour montrer à toute l’humanité sa figure rendue plus noble et plus semblable à Dieu, comme le but des efforts de chacun. Sans jamais se reposer, jamais satisfait, n’accordant jamais à son art la joie innocente du simple jeu des formes, cet artiste qui n’a peur de rien travaille toute une existence à cette œuvre grandiose du perfectionnement de son moi par la représentation de ce moi.
Source : Gutenberg

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