Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Pour la première fois, — l’unique fois peut-être dans l’œuvre de Tolstoï, — le roman se passe dans le cœur d’une femme et est raconté par elle. Avec quelle délicatesse ! Beauté de l’âme qui s’enveloppe d’un voile de pudeur... L’analyse de Tolstoï a renoncé, pour cette fois, à sa lumière un peu crue ; elle ne s’acharne pas, avec fièvre, à mettre à nu la vérité. Les secrets de la vie intérieure se laissent deviner, plutôt qu’ils ne sont livrés. Le cœur et l’art de Tolstoï sont attendris. Équilibre harmonieux de la forme et de la pensée : Bonheur conjugal a la perfection d’une œuvre racinienne. ”
