Charles Wagner,
L'Ami: dialogues intérieurs
“ J’ai le cœur déchiré par la grande douleur de vivre. Mon être n’est qu’une blessure. Toute existence m’apparaît rongée par le néant. Les vivants me font l’effet d’ombres ; leurs pensées, de rêves ; leurs entreprises, de chimères. Notre peine est infinie. Pour peser nos charges, il n’est pas de balance ; nos souillures dépassent l’imagination même, et nos forces, que sont-elles ? Le choc d’un roseau contre les monts granitiques. Peut-il y avoir encore de la joie dans une semblable vie ? De la confiance en l’avenir pour qui n’est sûr de rien ? L’homme a-t-il un lendemain ? ”
