Résumé

Maurice Rigaux Le jeu du tisserand : essai romancé (1935)

Qu'il y ait Dieu ou qu'il n'y ait pas Dieu, que m'importe! pourvu que je puisse frayer avec l'au-delà! Ah! ce n'est pas, je le jure, fringale des sens, volés de leur bien. Germaine même m'en rendra témoignage, nous n'avons jamais mis la joie des corps au-dessus des ivresses du cœur et de la pensée. Jamais! même dans les premiers moments de notre union... Elle m'était appareillée si étrangement! Si noble d'idéal, si avide de la pénétration de nos âmes, jusqu'au sacrifice des sens, oui jusque-là : elle me l'a prouvé bien des fois!
Source : Gallica

Maurice Rigaux Le jeu du tisserand : essai romancé (1935)

Au ciel, comme une réplique, de légères nuées s'envolaient...
— Quelle paix! dit enfin madame de Sissonne. Ce repos de la nature, je le goûte aussi en moi-même.
Elle baissa un peu la voix.
— Comme je voudrais, cher monsieur Malret, le voir entrer dans votre cœur!
Il la regarda affectueusement.
— Il me semble, chère madame, qu'il est déjà sur le seuil... grâce à vous.
— Vous m'encouragez. Je suis un peu partagée entre ma joie de dire ce que je crois et la crainte de froisser votre liberté.
— Toute croyance est infiniment respectable. Vous pouvez parler à votre gré.
Source : Gallica

Maurice Rigaux Le jeu du tisserand : essai romancé (1935)

Oh, Germaine! Germaine!...
Elle a dû sentir mes répugnances, car elle n'a pas insisté. Mais elle m'a entretenu des douceurs de la mort.
« — Voyez-vous, j'ai plus souffert dans ma vie qu'au moment de ma mort. La mort est peu de chose, il ne faut pas en avoir peur. Elle nous délivre de la matière, elle nous fait entrer dans le monde des esprits. Je comprends qu'on la désire, qu'on l'appelle. Elle permet de sortir des impasses de la vie et de s'orienter vers d'autres vies, vers des recommencements. »
Source : Gallica

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