“ Mais simple n'est pas synonyme de laid, pas plus que luxueux, surchargé, recherché, coûteux n'est synonyme de beau. Nos yeux sont blessés par le spectacle criard d'une beauté tapageuse, d'un art vénal, d'un luxe sans grâce et sans esprit. La richesse alliée au mauvais goût nous fait quelquefois regretter qu'on ait eu entre les mains tant d'argent pour provoquer la création d'une si prodigieuse quantité d'œuvres de bas étage. Notre art contemporain souffre du manque de simplicité aussi bien que notre littérature: trop d'ornements ajoutés, de fioritures contournées, d'imaginations tourmentées. ”
Résumé
Charles Wagner, dans La vie simple, explore les valeurs de simplicité, de bien-être et de bienveillance, dénonçant le luxe ostentatoire et la dégradation liée à l'argent. À travers des réflexions philosophiques et des exemples concrets, il met en avant l'importance de l'humanité, du respect et du devoir, illustrés par des figures comme le grand-père ou les "vieilles filles admirables".
L'œuvre insiste sur l'harmonie entre l'esprit et le cœur, proclamant que la simplicité est un lien social capable de surmonter les divisions. Wagner y voit une force transformative, unissant les individus par la compassion et l'espérance.
Citations de La vie simple (Charles Wagner)
“ Ces ombres nous disent par le contraste même que le bonheur consiste à être un vrai vivant, actif, prime-sautier, vierge du joug des passions, des besoins factices, des excitations maladives, ayant gardé dans son corps la faculté de jouir de la lumière du jour, de l'air qu'on respire; et dans son cœur, la capacité d'aimer et d'éprouver avec puissance tout ce qui est généreux, simple et beau.La vie factice engendre la pensée factice et la parole mal assurée. Des habitudes saines, des impressions fortes, le contact ordinaire avec la réalité amènent naturellement la parole franche. ”
“ L'esprit de simplicité est un bien grand magicien. Il corrige les aspérités, il construit des ponts par-dessus les crevasses et les abîmes, il rapproche les mains et les cœurs. Les formes qu'il revêt dans le monde sont en nombre infini. Mais jamais il ne nous paraît plus admirable que lorsqu'il se fait jour à travers les barrières fatales des situations, des intérêts, des préjugés, triomphant des pires obstacles, permettant à ceux que tout semble séparer, de s'entendre, de s'estimer, de s'aimer. Voilà le vrai ciment social, et c'est avec ce ciment-là que se bâtit un peuple. ”
“ Vues du dehors, ces existences presque effacées n'ont que peu de lustre, elles excitent la pitié plutôt que l'envie. Ceux qui en approchent avec respect, y devinent parfois des secrets douloureux, de grandes épreuves passées, de lourds fardeaux sous lesquels plient des épaules trop fragiles, mais ce n'est là que le côté de l'ombre. Il faudrait pouvoir apprécier cette richesse de cœur, cette pure bonté, cette puissance d'aimer, de consoler, d'espérer, ce don joyeux de soi-même, cette invincible obstination dans la douceur et le pardon, même vis-à-vis de ceux qui en sont indignes. ”
“ Mais ce qu'on a tort d'ignorer le plus souvent, c'est la somme de sacrifice qui se cache modestement dans la vie de tant de vieilles filles tout simplement admirables. N'est-ce donc rien de n'avoir ni foyer, ni amour, ni avenir, ni ambition pour soi-même; de prendre sur soi cette croix de solitude si lourde à porter, surtout quand à la solitude extérieure vient s'ajouter celle du cœur; de s'oublier pour n'avoir plus d'intérêt sur la terre que celui de vieux parents, de jeunes neveux orphelins, des pauvres, des infirmes, de tout ce que le mécanisme brutal de la vie rejette parmi les scories? ”
“ La grande chose, c'est d'avoir éprouvé ce qu'a de saint et d'immortellement beau notre obscure destinée; c'est d'avoir été déterminés par une série d'expériences à aimer cette vie pour ses douleurs et pour son espérance, à aimer les hommes pour leur misère et pour leur noblesse, et à être de l'humanité par le cœur, l'intelligence et les entrailles. Alors une force inconnue s'empare de nous, comme le vent s'empare des voiles d'un navire, et nous emporte vers la pitié et la justice. ”
“ Si l'humanité vit de confiance, elle vit aussi d'espérance. L'espérance est cette forme de la confiance qui se tourne vers l'avenir. Toute vie est un résultat et une aspiration. Tout ce qui est, suppose un point de départ et tend vers un point d'arrivée. Vivre c'est devenir, devenir c'est aspirer. L'immense devenir c'est l'espérance infinie. Il y de l'espérance au fond des choses et il faut que cette espérance se reflète dans le cœur de l'homme. ”
“ Lorsque l'argent, qui doit être un serviteur, devient une force tyrannique, irrespectueuse de la vie morale, de la dignité, de la liberté; lorsque les uns s'efforcent de se le procurer à tout prix, apportant au marché ce qui n'est pas une marchandise; lorsque les autres qui possèdent la richesse s'imaginent qu'ils peuvent obtenir d'autrui ce qu'il n'est permis à personne de vendre ni d'acheter, il faut s'insurger contre cette grossière et criminelle superstition, crier hautement à l'imposture: que ton argent périsse avec toi! ”
“ La nature a mis aux doigts de la femme un art charmant, qu'elle sait d'instinct, et qui est son art à elle, comme la soie est à la chenille, ou la dentelle à l'agile et fine araignée... Elle est le poète, l'artiste de sa grâce et de sa candeur; elle est la fileuse du mystère dont s'habille son goût de plaire. Tout le talent qu'elle met à ressembler à l'homme dans les autres arts ne vaudra jamais l'esprit et la trouvaille d'un rien d'étoffe qu'elle chiffonne. ”
“ Votre religion est bonne si elle est vivante et agissante; si elle nourrit en vous le sentiment de la valeur infinie de l'existence, la confiance, l'espoir et la bonté; et elle est l'alliée de la meilleure partie de vous-même contre la plus mauvaise, et vous fait apparaître sans cesse la nécessité de devenir un homme nouveau; si elle vous fait comprendre que la douleur est une libératrice; si elle augmente en vous le respect de la conscience des autres; si elle vous rend le pardon plus facile, le bonheur moins orgueilleux, le devoir plus cher, l'au-delà moins obscur. ”
“ L'un a l'esprit mercenaire, l'autre a l'âme simple. Tous les deux touchent leur paye, mais le travail de l'un est stérile, l'autre a mis son âme dans son travail. Le travail du premier est comme le grain de sable qui reste toute l'éternité sans qu'il en sorte rien, le travail de l'autre est comme la graine vivante jetée au sol, il germe et produit des moissons. Il n'y a pas d'autre secret pour expliquer que tant de gens n'ont pas réussi en employant les mêmes procédés extérieurs que d'autres. Les automates ne se reproduisent pas et le travail du mercenaire ne produit pas de fruit. ”
“ Leur particularisme est poussé à un tel excès qu'elles forment des ennemis du genre humain. Au petit pied, elles ressemblent à ces puissantes sociétés formées de loin en loin à travers l'histoire, qui s'emparèrent de l'empire du monde et pour qui rien ne comptait qu'elles mêmes. C'est cet esprit-là qui a fait quelquefois considérer la famille comme un repaire de l'égoïsme qu'il fallait détruire pour le salut de la société. Mais, de même qu'il y a un abîme entre l'esprit de corps et l'esprit de parti, il y a un abîme entre l'esprit de famille et l'esprit de coterie familiale. ”
“ Toute la force du monde et toute sa beauté, toute la joie véritable, tout ce qui console et augmente l'espérance, tout ce qui met un peu de lumière sur nos sentiers obscurs, tout ce qui nous fait prévoir à travers nos pauvres vies quelque but sublime et quelque avenir immense, nous vient des êtres simples qui ont assigné un autre objet à leurs désirs que les satisfactions passagères de l'égoïsme et de la vanité et qui ont compris que la science de la vie consistait à savoir donner sa vie. ”
“ Si vous vous laissez le moins du monde entamer par ses raisons, demain vous sacrifierez un meuble, après-demain une bonne vieille tradition, et peu à peu les chères reliques du cœur, les objets familiers, et avec eux la piété filiale, s'en iront chez le marchand de bric-à-brac.Dans les habitudes nouvelles et le milieu changé, vos amis d'autrefois, vos vieux parents seront dépaysés. Vous ferez un pas de plus en les remisant à leur tour: la mondanité supprime les vieux. Ainsi pourvu d'un cadre absolument transformé, vous serez vous-même étonné de vous y voir. ”
“ Quant à moi, je voudrais pouvoir trouver des mots enflammés pour dire à quiconque se sent le cœur abattu en ce temps désabusé: relève ton courage, espère encore, celui-là est sûr de se tromper le moins qui a l'audace d'espérer le plus. La plus naïve espérance est plus près du vrai que le désespoir le plus raisonné.Une autre source de lumière sur le chemin de l'humanité est la bonté. Je ne suis pas de ceux qui croient à la perfection naturelle de l'homme et enseignent que la société le corrompt. ”
“ Nous avons en abondance des biens, dont à la rigueur on pourrait se passer, et nous sommes infiniment pauvres de la seule chose nécessaire. Et lorsque notre être profond se réveille, avec son besoin d'aimer, d'espérer, de réaliser sa destinée, il éprouve comme l'angoisse d'un vivant qu'on vient d'ensevelir, il étouffe sous l'amoncellement des choses secondaires qui pèsent sur lui et le privent d'air et de lumière.Il faut dégager, libérer, remettre en honneur la vraie vie, placer toute chose à son rang et se souvenir que le centre du progrès humain est dans la culture morale. ”
“ La superbe n'est pas l'autorité. Ce n'est pas nous qui sommes la loi. La loi est au-dessus de toutes les têtes. Nous l'interprétons seulement, mais pour la faire valoir aux yeux des autres il faut d'abord que nous lui soyons soumis nous-mêmes. Le commandement et l'obéissance dans la société humaine ne sont après tout que deux formes de la même vertu: la servitude volontaire. La plupart du temps on ne vous obéit pas parce que vous n'avez pas obéi d'abord.Le secret de l'ascendant moral appartient à ceux qui commandent avec simplicité. Ils adoucissent par l'esprit la dureté du fait. ”
“ La vie par troupeaux est quelconque comme celle des essaims de mouches au soleil. Rien ne ressemble plus à la vie mondaine d'un homme que la vie mondaine d'un autre homme. Et cette universelle banalité détruit l'essence même d'un esprit public. On n'a pas besoin de faire de bien longs voyages pour constater les ravages que l'esprit de mondanité a faits dans la société contemporaine, et si nous avons si peu de fonds, d'équilibre, de calme bon sens, d'initiative, une des grosses raisons en est dans la diminution de la vie d'intérieur. Les masses ont emboîté le pas derrière le beau monde. ”
“ Puisque personne ne peut mettre un frein à la vie, ne vaut-il pas mieux apprendre à l'estimer et à l'employer qu'en dégoûter les gens?—Quand on sait qu'un mets est dangereux pour la santé, on n'en mange pas. Et quand une certaine façon de penser nous ôte la confiance, la joie et la force, il faut la rejeter, certains que non seulement elle est une nourriture détestable pour l'esprit, mais qu'elle est fausse. Il n'y a de vrai pour les hommes que les pensées humaines, et le pessimisme est inhumain. D'ailleurs il manque autant de modestie que de logique. ”
“ Il est temps de redevenir enfants, de réapprendre à joindre les mains et à ouvrir de grands yeux devant le mystère qui nous enveloppe, de nous souvenir que malgré notre savoir nous ne savons que peu de chose, que le monde est plus grand que notre cerveau et que c'est heureux, car s'il est si prodigieux il doit receler des ressources inconnues et on peut lui accorder quelque crédit sans se faire taxer d'imprévoyance. Ne le traitons pas comme des créanciers un débiteur insolvable. Il faut ranimer son courage et rallumer la sainte flamme de l'espérance. ”
“ Mais l'individu tient à la société par toutes ses fibres, et tout ce qu'il fait il doit le faire en vue de l'ensemble. Posséder, est donc moins un privilège dont il convient de se glorifier qu'une charge, dont il faut sentir la gravité. De même qu'il y a un apprentissage souvent difficile à faire pour exercer toute fonction sociale, de même cette fonction qu'on appelle la richesse exige un apprentissage. C'est un art que de savoir posséder, un des moins faciles à apprendre. La plupart des gens, pauvres ou riches, s'imaginent que dans l'opulence on n'a plus qu'à se laisser vivre. ”
“ Le simple bon sens n'est pas, comme plusieurs peuvent se l'imaginer, la propriété innée du premier venu, bagage vulgaire et trivial qui n'a coûté de peine à personne. Je le compare à ces vieilles chansons populaires, anonymes et impérissables, qui semblent être sorties du cœur même des foules. Le bon sens est le capital lentement et péniblement accumulé par le labeur des siècles. C'est un pur trésor, dont celui-là seul comprend la valeur, qui l'a perdu ou qui voit vivre les gens qui n'en ont plus. ”
“ Cette faculté se détruit dans l'homme par le scepticisme, la vie factice, l'abus; elle s'entretient par la confiance, la modération, les habitudes normales d'activité et de pensée.Une excellente preuve de ce que j'avance, et très facile à recueillir, se trouve dans ce fait que partout où se rencontre une vie simple et saine, le plaisir authentique l'accompagne, comme le parfum les fleurs naturelles. Cette vie a beau être difficile, entravée, privée de ce que nous considérons d'ordinaire comme les conditions mêmes du plaisir, on y voit réussir la plante délicate et rare, la joie. ”
“ Pour qui a gardé un fonds d'honnêteté, rien n'est plus révoltant que l'ironie détachée d'un acrobate de la plume ou de la parole qui essaie d'en faire accroire à quelques braves gens pleins de confiance. D'un côté l'abandon, la sincérité, le désir d'être éclairé, de l'autre la rouerie qui se moque du public. Mais il ne sait pas, le menteur, à quel point il se trompe lui-même. Le capital sur lequel il vit c'est la confiance, et rien n'égale la confiance du peuple, si ce n'est sa méfiance aussitôt qu'il s'est senti trahi. Il peut bien suivre un temps les exploiteurs de la simplicité. ”
“ Est populaire, non pas ce qui convient à une certaine classe de la société qu'il est convenu d'appeler la classe populaire; est populaire ce qui est commun à tous et ce qui les unit. Les sources de l'inspiration dont pourrait naître un art simple sont dans les profondeurs du cœur humain, dans les éternelles réalités de la vie devant lesquelles tous sont égaux. Et les sources du langage populaire sont à chercher dans le petit nombre des formes simples et fortes qui expriment les sentiments élémentaires et les lignes maîtresses de la destinée humaine. ”
“ Rien n'est fort, rien n'est persuasif comme la simplicité. Il y a des émotions sacrées, de cruelles douleurs, de grands dévouements, des enthousiasmes passionnés, qu'un regard, un geste, un cri traduisent mieux que les plus belles périodes. Ce que l'humanité possède de plus précieux dans son cœur, se manifeste le plus simplement. Pour persuader il faut être vrai et certaines vérités se comprennent mieux si elles sortent de lèvres simples, infirmes même, que si elles tombent des bouches trop exercées, ou sont proclamées à la force des poumons. ”
“ Et c'est là le crime de ceux qui tordent et avilissent la parole. Ils ébranlent la confiance générale. On considère comme une calamité l'avilissement de l'argent, la baisse de la rente, la ruine du crédit: un malheur est plus grand que celui-là, c'est la perte de la confiance, de ce crédit moral que les honnêtes gens s'accordent les uns aux autres, et qui fait que la parole circule comme une monnaie authentique. À bas les faux monnayeurs, les spéculateurs, les financiers véreux, car ils font suspecter même l'argent loyal. ”
“ Réparatrice, consolatrice, douce au malheureux, au méchant même, la bonté dégage la lumière sous ses pas. Elle clarifie et simplifie. La part qu'elle a choisie est la plus modeste: bander les blessures, effacer les larmes, apaiser la misère, bercer les cœurs endoloris, pardonner, concilier. Mais c'est bien d'elle que nous avons le plus besoin. Aussi puisque nous songeons à la meilleure façon de rendre la pensée féconde, simple, vraiment conforme à notre destinée humaine, nous résumerons la méthode en ces mots: Aie confiance, espère et sois bon. ”
“ «Odi profanum vulgus», cette parole autrement humaine: «Misereor super turbam».—Quant à moi je n'ai aucune autorité artistique, mais de la foule où je vis j'ai le droit de pousser mon cri vers ceux qui ont reçu du talent et de leur dire: Travaillez pour ceux qu'on oublie. Faites-vous comprendre des humbles. Ainsi vous ferez une œuvre d'affranchissement et de pacification; ainsi vous rouvrirez les sources où puisèrent jadis ces maîtres dont les créations ont défié les âges parce qu'ils surent donner pour vêtement au génie, la simplicité. ”
“ Donner un peu de plaisir, dérider les fronts soucieux, mettre un peu de lumière sur les chemins obscurs, quel office vraiment divin dans cette pauvre humanité! Mais ce n'est qu'avec une grande simplicité de cœur qu'on arrive à le remplir.Nous ne sommes pas assez simples pour être heureux et pour rendre les autres heureux. Il nous manque la bonté et le détachement de nous-mêmes. Nous répandons la joie comme nous répandons la consolation, par des procédés tels que nous obtenons des résultats négatifs. ”
“ Le dernier venu n'est pas long à s'apercevoir qu'il a la toute-puissance, et il ne marche pas encore qu'il a déjà le vertige du pouvoir. En grandissant cela ne fait que croître et embellir. Parents, grands-parents, domestiques, professeurs, tout le monde est à ses ordres. Il accepte les hommages et même l'immolation de son prochain; il traite en sujet récalcitrant quiconque ne se range pas sur son passage. Il n'y a que lui. Il est l'unique, le parfait, l'infaillible. On s'aperçoit trop tard qu'on s'est donné un maître et quel maître! oublieux des sacrifices, sans respect, sans pitié même. ”
“ Celui-là comprendrait mal son devoir de soldat qui, l'armée une fois battue, s'abstiendrait de brosser ses vêtements, d'astiquer son fusil, d'observer la discipline.—À quoi bon? direz-vous peut-être.—À quoi bon? N'y a-t-il pas plusieurs façons d'être battu? Serait-il indifférent d'ajouter le découragement, le désordre, la débâcle au malheur de la défaite? Non. Il ne faut jamais oublier que le moindre acte d'énergie dans ces moments terribles est comme une lumière dans la nuit. C'est un signe de vie et d'espérance. Chacun comprend aussitôt que tout n'est pas perdu. ”
“ La liberté c'est le respect; la liberté, c'est l'obéissance à la loi intérieure, et cette loi n'est ni le bon plaisir des puissants, ni le caprice des foules, mais la règle impersonnelle et supérieure devant laquelle ceux qui commandent courbent la tête les premiers. Dirons-nous alors qu'il faut supprimer la liberté? Non, mais il faut nous en rendre capables et dignes, autrement la vie publique devient impossible, et une nation s'achemine, à travers la licence et le manque de discipline, aux inextricables complications de la démagogie. ”
Termes fréquents
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