Maurice Maeterlinck,
Avant le grand silence
(1934)
“ Ils ont tout oublié parce que l'esprit qui survit n'a rien su, n'étant pas de ce monde. Nous les aimons encore parce que nous ne savons pas ce qu'ils sont; mais eux n'ont plus de souvenirs. Il se peut que le contraire soit vrai. On peut dire que l'esprit crée le corps, qu'il est la flamme du corps, ou que l'homme n'a pas d'âme parce qu'il est tout âme et que tout est âme. Mais il est plus difficile de le démontrer. Rien n'est plus tragique que la mort d'un arbre qui, dans la plénitude de sa force et de sa vie, enchaîné, au sol, ne peut ni fuir ni se défendre. ”
