Xavier Rousselot

Résumé

Xavier Rousselot L'avenir : poème (1895)

C'est que, pour grandir, l'homme a besoin du malheur, Comme un ciel entassant nuage sur nuage Pour se purifier a besoin de l'orage. Sans l'imperfection qu'on appelle le mal, L'être pensant restait un stupide animal, Innocent idiot, car en lui, l'innocence De l'esprit et du coeur, c'est la pleine ignorance ; La raison n'éclôt pas ou n'éclôt qu'à demi, Le sentiment lui-même est confus, endormi : Quand de son petit poing qu'il ferme avec colère L'enfant frappe en criant le doux sein de sa mère, Elle ne le met pas au nombre des ingrats, Mais avec plus d'amour le serre dans ses bras.
Source : Gallica

Xavier Rousselot L'avenir : poème (1895)

Si pour les uns ce monde est séjour de faveur Où d'un prix mérité l'on goûte la douceur, Où dans l'orbe divin l'on monte d'un étage, Mais où d'autres aussi dans le même héritage S'étant taillé trop tôt une trop riche part, Sont revenus, frappés, à leur point de départ : Homme, ne vois-tu pas que ta vie est sur terre D'un passé sombre encor la suite nécessaire ; Que si d'un châtiment tu dois subir la loi, Pauvre humain, tu ne peux en accuser que toi ? C'est par tout ce passé que ton âme est jugée ; Ta chaîne de douleurs, c'est toi qui l'a forgée.
Source : Gallica

Xavier Rousselot L'avenir : poème (1895)

L'Être reste un chaos immobile et glacé.
Mais au monde à son tour la Mort, la soeur qui tue,
Sans son frère le Temps ne serait pas venue :
70 L'AVENIR
Comment eût-elle été, puisque rien de mortel N'eût jeté son limon hors du fleuve éternel, Et que l'Être, endormi dans sa lourde inertie, Fût demeuré sans forme et privé d'énergie ?
A tout, Dieu l'a voulu, le Temps prête un appui ; Tout commence avec lui, rien ne dure sans lui S'arrête-i-il ? Soudain sa compagne avec joie Agite ses vieux os, et saute sur sa proie.
Source : Gallica

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