Xavier Rousselot, L'avenir : poème (1895)
“ C'est que, pour grandir, l'homme a besoin du malheur, Comme un ciel entassant nuage sur nuage Pour se purifier a besoin de l'orage. Sans l'imperfection qu'on appelle le mal, L'être pensant restait un stupide animal, Innocent idiot, car en lui, l'innocence De l'esprit et du coeur, c'est la pleine ignorance ; La raison n'éclôt pas ou n'éclôt qu'à demi, Le sentiment lui-même est confus, endormi : Quand de son petit poing qu'il ferme avec colère L'enfant frappe en criant le doux sein de sa mère, Elle ne le met pas au nombre des ingrats, Mais avec plus d'amour le serre dans ses bras. ”
